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Le JPB > Pays Basque 2005-06-30
Vol de Plévin: la défense dénonce des réquisitions "disproportionnées" et l’absence de preuves

Les avocats des quinze militants basques et bretons jugés par la cour d'assises spéciale de Paris pour un vol de plus de 8 tonnes d'explosifs à Plévin (Côte-d'Armor) en 1999, ont dénoncé mercredi les "peines disproportionnées" requises lundi contre leurs clients, et "l’absence de preuves du vol", sachant que la cour, composée de sept magistrats professionnels devra se prononcer non au vu des preuves, mais par "intime conviction".

Me Henri Leclerc, avocat de l’un des dix militants bretons poursuivis, s’est dit "bouleversé par la force des réquisitions et les peines effroyables demandées", expliquant "n'avoir jamais vu cela en cinquante ans de métier".

Pour l’avocate des cinq militants basques, Me Yolanda Molina, les peines requises contre ses clients constituent une "déclaration de guerre", à l’heure où justement un vent de paix commence à souffler en Pays Basque.

Lundi, l’avocat général Christophe Tessier avait réclamé des peines comprises entre 15 et 30 ans contre les Basques, Argi Perurena, Patxi Segurola, Benito Martinez et Asier Oiarzabal, accompagnées d’une interdiction définitive du territoire français et des peines de quatre à 11 ans contre les Bretons.

"Le vol de Plévin représente l’apogée de la collaboration entre l’organisation séparatiste ETA et l’Armée révolutionnaire bretonne", avait expliqué le représentant du ministère public.

Le 28 septembre 1999, un commando armé avait neutralisé les quatre chauffeurs du dépôt d’explosifs de la société Titanite SA et avait fait main basse sur 8,7 tonnes d'explosifs, 6500 détonateurs et plus de 10 km de cordeau détonant.

"On sait que trois des militants basques ont été interpellés dans une maison où a été retrouvée une partie des explosifs volés, mais est-ce suffisant pour affirmer qu'ils ont bien participé au vol?", a interrogé l’avocate. "Qui peut dire qu'il n'y avait pas d'autres Basques en Bretagne à cette période ?", a-t-elle poursuivi estimant que, faute de témoins ou d'éléments matériels sur le vol, l’accusation reposait sur des "déductions".

Me Ronan Appéré, avocat de Denis Riou, accusé d'avoir supervisé le soutien logistique des Basques en Bretagne et contre qui 11 ans ont été requis, a réclamé l’acquittement de son client pour complicité de vol et une peine avec sursis pour "recel de malfaiteurs".

Lors du procès, Denis Riou avait expliqué avoir hébergé les Basques par "hospitalité" et sans les questionner sur le but de leur séjour.

Les autres avocats des Bretons ont réclamé l'acquittement, faute de preuves, des accusés poursuivis pour "association de malfaiteurs" (Grimault, Grall, Le Faucheux, Solé). Ils ont également demandé "une confusion de peines" pour Georgeault, Solé, Laizé, Philippe et Vannier, déjà condamnés pour détention d'explosifs au procès de l'ARB en 2004.

Le verdict était attendu dans la nuit.


 
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