La cour d’assises spéciale de Paris a condamné mercredi à des peines de deux ans d’emprisonnement à vingt ans de réclusion 14 des 15 militants basques et bretons jugés pour le vol de plus de 8 tonnes d’explosifs à Plévin (Côte-d’Armor) en 1999.
Les peines prononcées par les magistrats professionnels, après plus de huit heures de délibéré, sont inférieures aux réquisitions du parquet mais restent extrêmement élevées compte tenu qu’il s’agissait de juger d’un vol, et que les éléments matériels pour prouver l’implication des accusés étaient absents.
Les peines les plus lourdes, de 15 à 20 ans, ont été prononcées à l’encontre des cinq militants basques, présumés membres de ETA et accusés d’être les auteurs directs du vol d’explosifs.
Asier Oiarzabal Chapartegui, 33 ans, a été condamné à vingt ans de réclusion. Argi Perurena, 34 ans et Jon Bienzobas Arreche, 35 ans, ont tous deux été condamnés à 18 ans de réclusion, Benito Fermin Martinez-Vergara à 16 ans et Patxi Sugurola Mayoz à 15 ans.
Tous les Basques ont été condamnés en outre à une interdiction définitive du territoire français. Une peine à vie, notamment pour Argi Perurena, qui a vécu toute sa vie en Pays Basque nord, où résident sa famille et ses proches.
Concernant les dix Bretons : Denis Riou, accusé d’avoir supervisé le soutien logistique des Basques en Bretagne a été condamné à 7 ans de prison, et Gérard Bernard qui "a permis l’exfiltration des explosifs" après le vol, selon l’accusation, à six ans.
Six ans d’emprisonnement ont également été prononcés contre Christian Georgeault et Jean-Charles Grall considéré par l’accusation comme l’homme qui a servi d’"interface" entre l’Armée révolutionnaire bretonne (ARB) et ETA.
Pascal Laizé, Alain Solé, Stéphane Philippe et Arnaud Vannier, soupçonnés d’avoir participé au groupe de soutien logistique des Basques, ont été condamnés à quatre ans de prison.
Enfin, une peine de deux ans a été prononcée à l’encontre de Bertrand Grimault alors que Richard Le Faucheux, accusé à tort d’avoir loué un appartement afin d’abriter les Basques, a été acquitté. Laizé, Georgeault, Philippe, Solé et Vannier, tous condamnés à des peines de quatre à onze ans au procès de l’ARB en mars 2004, bénéficieront de la confusion des peines conformément aux réquisitions du parquet, à la demande des avocats.
Pari répressif
Pour Askatasuna, par ce jugement "la France renouvelle son pari pour le répressif, après avoir accentué la dispersion et mis en place des opérations policières pour criminaliser le soutien humanitaire aux prisonniers". "Le verdict était déjà décidé avant le procès politique. Preuve de cela, trois des prisonniers politiques basques étaient en prison préventive depuis six ans" estime le comité.
Pour leur part, les comités bretons ont souligné "l’insulte à la Bretagne que constitue ce verdict".