Le caractère de calamité agricole a été reconnu à l’ensemble du Pays Basque et du Béarn, jeudi, lors de la deuxième réunion de la Commission Nationale des calamités agricoles à Paris. Celle-ci a retenu un taux de perte moyen de 40% sur les productions fourragères et le maïs ensilage pour l’ensemble du territoire. Il correspond à un niveau de perte de 1200 unités fourragères par équivalent vache laitière. Dans le dossier envoyé par la préfecture à Paris, Pays Basque et Béarn avaient été scindés en trois zones pour lesquelles des niveaux de perte différents avaient été définis. Cette approche proposée par la direction départementale de l’agriculture avec le soutien du syndicat ELB avait été préférée par le préfet à celle de la Chambre d’agriculture qui souhaitait un zonage à deux niveaux seulement.
Paris a donc retenu comme taux de perte moyen le niveau intermédiaire du dossier présenté par la préfecture. Le département a maintenant une marge de man¦uvre pour répartir l’enveloppe obtenue en fonction d’un zonage qui sera décidé localement. Il serait logique que celui-ci corresponde aux propositions envoyées à Paris.
Ainsi, la zone la plus touchée regrouperait la côte basque jusqu’à Bidache, la montagne et une partie des coteaux basques. La perte fourragère y avait été estimée à 1400 unités fourragères par équivalent vache laitière. Entrait dans une deuxième catégorie, moins touchée, le reste des coteaux basques avec des cantons comme Amikuze, Iholdi ou la Soule par exemple. La perte est ici estimée à 1200 UF/VL. Enfin la zone la moins frappée par la sécheresse (perte de 1000 UF/V) concernait les alentours d’Oloron et de Pau.
Le dossier basco-béarnais demandait aussi la reconnaissance de calamité agricole pour la production de maïs sur tout le territoire, pour le Piment d’Espelette et pour des cultures de printemps en agriculture biologique.
Hier la préfecture s’est satisfaite de la décision prise à Paris en soulignant que "le taux retenu est supérieur de 50% à celui de 2003".
Pas de majoration à 25%
La Chambre d’agriculture s’est aussi félicitée de la reconnaissance en calamité agricole, résultat selon elle d’un "important travail des SUAT", ses branches basques et béarnaises.ELB s’est aussi dit satisfait du choix fait, estimant que le zonage à trois niveaux "qui avait été vivement contesté par les SUAT" a été "déterminant".
Le syndicat a par contre vivement regretté que les paysans basques ne puissent pas prétendre à la majoration de 25% des indemnités qui bénéficie aux exploitations ayant subi trois années consécutives de sécheresse.
"En effet, même si nous avons souffert de sécheresse l’an passé aussi, la Chambre d’agriculture n’a pas daigné fournir les éléments d’expertise nécessaires au dépôt d’un dossier de reconnaissance en calamité agricole", a dénoncé Daniel Barberarena d’ELB.