Ils se sont tous rassemblés pour Martine Poncelet hier matin vers 10h devant le supermarché Champion du quartier Irandatz à Hendaye. Ils étaient presque 200 à avoir répondu à l’appel des Syndicats LAB et CGT pour soutenir la "petite" caissière dans son aventure qui l’oppose à son employeur, le groupe Altis propriétaire du supermarché hendayais.
Pendant la journée du 6 septembre dernier 3000 euros sont dérobés dans le coffre du supermarché. Martine responsable de caisse au moment des faits a été licenciée un mois plus tard pour "non-respect de la procédure ayant permis le vol". La direction de Champion par l’intermédiaire de son directeur Yves Laurencet n’a pas fait de détail en faisant "porter le chapeau" à la caissière, faisant dire au syndicat LAB et à son délégué syndical Benoît Aramendi "la direction cherche un bouc émissaire pour se dédouaner de sa responsabilité".
Si, du côté du supermarché, personne ne veut faire de commentaires et attend simplement la réponse des tribunaux compétents pour juger s’il s’agit bien d’un licenciement abusif, du côté des employés Martine a tenu à préciser à nouveau le fil de l’histoire.
Au moment des faits, elle est responsable de caisse "avec une prime de 15 euros en plus de son SMIC" afin de gérer les liquidités du supermarché. "Ce travail m’amène à aller fréquemment au coffre pour déposer des billets. La procédure veut effectivement que je garde la clef du coffre toujours sur moi. Mais ce jour-là, comme tous les autres jours et comme toutes les responsables de caisse, j’ai laissé la clef dans la pièce. Oui tout le monde fait la même chose car c’est plus pratique. La direction elle-même le savait". Autant dire que ce qui arrive à Martine aurait pu arriver à n’importe qui dans le magasin.
Une enquête policière est bien en cours mais elle risque de durer longtemps. Le groupe Altis n’a pas voulu attendre les résultats de cette enquête pour agir et a pris des mesures disciplinaires rapides. Dommage pour Martine et ses "dix-sept ans passés au service de l’entreprise". mais ce qui la chagrine le plus c’est "que la direction accuse mes collègues d’une quelconque responsabilité et complicité dans le vol".
Les syndicats LAB et CGT ont profité de la venue hier à Hendaye du Directeur des Ressources Humaines (DRH) d’Altis pour manifester devant le magasin et tenter une ouverture des négociations. Résultat des courses, un chariot bien vide et B. Aramendi de LAB résumera la réunion ainsi, "la direction nous a écoutés, mais ne nous a pas entendus. Le DRH a même ajouté, vous n’espériez tout de même pas que j’étais venu pour discuter".
Devant ce mur patronal le cortège s’est formé et est parti en direction de la mairie d’Hendaye, espérant "trouver du réconfort" auprès du maire. Mais devant le bâtiment municipal personne ne semblait intéressé par l’agitation venant de la rue. Ce sont les passants qui voient le cortège arriver qui semblent les plus concernés, "c’est honteux ce qu’ose faire Champion".
La rue est acquise à la cause de Martine et le fait savoir. Anne, une cliente de Champion souhaite même organiser "une journée blanche" et boycotter le supermarché. Il y a aussi les ex-salariées de Beauty Success de Saint-Jean-de-Luz récemment licenciées pour "d’obscures raisons" selon Emilie, qui sont présents par solidarité.
Après l’échec des négociations d’aujourd’hui, le syndicat LAB donne rendez-vous aux salariés ce lundi pour discuter des futures actions à mener.