À un an des législatives, les militants d’Abertzaleen Batasuna ont fixé leur stratégie: essayer de mettre en place une coalition abertzale avec les trois autres partis qui défendent cette sensibilité en Pays Basque nord, le démocrate-chrétien PNB, le social-démocrate Eusko Alkartasuna et la formation de la gauche abertzale Batasuna. Cette proposition, baptisée Euskal Herria Bai [Pays Basque oui], a obtenu l’aval majoritaire de la militance d’AB lors de l’assemblée générale qui s’est tenue vendredi."Il faut préciser que ce n’est pas la stratégie définitive d’Abertzaleen Batasuna, mais le point de départ à partir duquel la direction d’AB devrait entamer les négociations avec les différents partis politiques", ont expliqué hier les responsables du bureau Andde Sainte-Marie, Mertxe Colina et Peio Etcheverry-Ainchart. Cette proposition de coalition abertzale "il s’agit bien d’une coalition et non pas d’une plate-forme" arrive quelques jours après celle lancée par le PNB et EA, proposition qu’ils avaient appelée Iparraldea Bai.
Sans exclusions
Les deux formations intégrées dans la fédération des Régions et Peuples solidaires avaient proposé la création d’un "pôle abertzale" duquel Batasuna serait a priori exclu, aux dires du porte-parole du PNB Aitor Arandia qui a souligné les "difficultés" d’une éventuelle participation de la formation de la gauche abertzale. "Batasuna peut difficilement être considéré comme un parti démocrate à part entière tant qu’ETA n’aura pas décidé de se retirer totalement du jeu", avait-il déclaré [lire nos éditions du jeudi 8 et du vendredi 9 juin]. Abertzaleen Batasuna estime au contraire qu’aucun parti ne peut être exclu. "A priori aucune exclusive ne sera tolérée", ont insisté hier ses responsables, selon lesquels "en analysant la situation à partir des paramètres du Pays Basque nord, personne ne peut affirmer qu’il y a des partis plus démocratiques que d’autres". L’importance en ce moment est de rassembler des forces pour essayer de "parler d’une même voix", estime AB.
Conscient des limites en termes de suffrages d’une éventuelle coalition abertzale la fourchette du vote abertzale s’est située historiquement entre 10% et 12% des voix, Abertzaleen Batasuna souhaite présenter un programme qui puisse être attractif également pour les non-abertzale. "Nous voulons constituer une vraie alternative".
Mais tout reste à discuter, le programme devant être décidé par toutes les formations lors de conversations communes. "Nous ne voulons pas organiser de réunions bilatérales. Nous croyons que pour éviter les malentendus et pour que tout soit bien clair, il vaut mieux discuter tous ensemble".
Même si le PNBet EAsont dans les rangs de la fédération RPS, et donc a priori attachés aux décisions concernant les éventuelles coalitions avec les Verts ou le PS, AB estime que rien n’est définitif dans la plateforme des partis régionalistes et autonomistes. "Dernièrement on a pu constater une contradiction. Alors que l’accord de principe avec les Verts et les socialistes était de présenter un candidat abertzale sur la VIe circonscription, le PS a déjà désigné sa candidate, Sylviane Allaux".
Par conséquent, une coalition abertzale entre les quatre tendances est toujours réalisable, "même si elle peut sembler aujourd’hui surréaliste au vu des différences idéologiques qui nous séparent". Pour AB, ce qui les rassemble est plus important que ce qui les sépare.
Sans écarter non plus la possibilité d’attirer d’autres secteurs politiques qui gravitent autour des revendications identitaires, culturelles, linguistiques ou sociales proches des abertzale. Tout reste à négocier.