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Le JPB > Pays Basque 2006-06-21
La Cimade exige que cesse "l’humiliation"
·Le comité lance une campagne pour dénoncer les "dérives des politiques d’immigration"

"Ceci ne peut se faire en notre nom", a lancé hier Jeanne Barthélémy, la présidente de la Cimade. De nombreux exemples à l’appui, les membres du comité d’entraide aux étrangers, entourés de quelques avocats, ont dénoncé hier à Bayonne les "dérives sans cesse plus graves des politiques d’immigration". Une campagne intitulée "Assez d’humiliation" est d’ailleurs lancée en ce sens et elle s’est engagée hier avec la décision des membres de la Cimade de quitter, le temps d’une journée, les centres de rétention, dont celui d’Hendaye, où elle ¦uvre au quotidien, une première.

L’arrestation d’enfants dans les écoles, de personnes âgées, de malades, etc., se multiplient tandis que les centres de rétention s’agrandissent "jusqu’à devenir des camps d’internement" selon le comité. "Avons-nous encore la possibilité d’exercer correctement notre mission? ", a interrogé Christophe Piedra, responsable de la Cimade au centre de rétention d’Hendaye.

"Depuis 2003, on assiste à des renvois plus massifs de personnes, il est demandé au préfet de gérer les centres de rétention comme des usines", a-t-il ajouté en soulignant qu’"Hendaye n’échappe pas à la politique du chiffre". Le centre de rétention de 15 places sera en effet rasé pour laisser place à un nouveau de 30 places.

"On voit de plus en plus de personnes interpellées dans des bus retours qui les conduisent hors du territoire français. Ces gens n’ont aucune intention de rester sur le territoire mais on les interpelle quand même", a indiqué Christophe Piedra.

"On veut faire du chiffre mais ça a un coût pour le citoyen", a abondé Me Myriam Unal. "On garde les gens, puis on les renvoie avec des moyens lourds (escorte, billets d’avion...) alors qu’ils ont déjà un billet retour et qu’ils ne veulent pas rester en France", a-t-elle poursuivi.

Les avocats présents ont également dénoncé les "moyens disproportionnés utilisés par la préfecture".

"Un étranger remis en liberté c’est toujours un échec pour les pouvoirs publics", a estimé Me Laurence Hardouin en expliquant que le préfet parvient à trouver des magistrats dans des délais records pour rejuger les étrangers. "La préfecture s’acharne, il n’y a aucune possibilité de discussion".

Et Me Agnès Hauciarce d’illustrer le propos en racontant qu’après avoir réussi par un recours à faire libérer un client, celui-ci et elle-même étaient interpellés, trois minutes plus tard sur le parvis du tribunal pour une nouvelle infraction.

Les défenseurs ont aussi souligné les cas d’arrestations en préfecture quand les étrangers viennent y faire régulariser leur situation, les cas de refus de régularisation à des étudiants africains pour qu’ils terminent leur année, alors que l’Américain ou le Japonais l’obtenaient sans problème. "Ce qui nous choque, c’est que ces étrangers soient traités comme des délinquants avec les dégâts humains que cela génère. Nous nous voulons plus de dignité", a affirmé Jeanne Barthélémy.


 
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