Entre joie et inquiétude
Les nouveaux studios de Gure Irratia ont été inaugurés samedi en présence d’élus et de représentants de la société civile. Un mélange de joie, pour cette radio qui prend un nouvel élan à la veille des 25 ans, et d’inquiétude face à des difficultés financières.
Même si 13 petits kilomètres de bonne route séparent Ustaritz de Bayonne, la route a été longue et compliquée selon Txomin Heguy président de la radio Gure Irratia. C’est à la suite du refus de reloger la radio labourdine à Bayonne que la station a décidé d’accepter l’offre de la commune d’Ustaritz et de son maire Bernard Auroy afin de s’installer au centre Landagoyen d’Ustaritz. Une grande campagne de récolte de fonds a été nécessaire en plus des aides des communes, du syndicat intercommunal d’Errobi de l’Office Public de la langue basque, du gouvernement basque et d’Udalbide. Tous les représentants de ces structures étaient présents samedi à Ustaritz, à l’exception notoire d’Udalbide, qui est pourtant le premier financeur de ce déménagement avec 56 000 euros. Mais par accord entre l’Office et Vitoria, Udalbide a décidé de se retirer de la partie et ne financera plus de projets linguistiques en Pays Basque nord. En contrepartie, les deux partenaires institutionnels se sont engagés à couvrir le manque à gagner pour la langue basque. Aux côtés des institutionnels, une large représentation de la société civile est venue soutenir la radio dans son nouvel élan : des bertsulari, des journalistes de tous les médias présents en Pays Basque nord, des personnalités de la culture et de la langue basques,...
Près 30 000 euros manquent
Un moment de joie auquel s’est ajouté un sentiment d’inquiétude. Près de 30 000 euros manquent pour boucler le déménagement, par ailleurs deux congés maternité et un départ n’ont pas pu être remplacés et un départ à la retraite sera difficilement renouvelé à la fin de l’année. Pour l’ensemble du groupe Euskal Irratiak, les prochains mois 9 emplois jeunes arrivent à terme, sur 35 emplois que compte le groupe.De plus, et pour noircir davantage le tableau, une "traversée du désert" est annoncée, entre la plus grande partie des bascophones qui a plus de 65 ans en Pays Basque nord et la nouvelle génération qui s’inscrit volontiers dans les ikastola ou les écoles bilingues, mais pour laquelle il faudra attendre quelques années avant qu’elle ne soit en âge d’écouter la radio Et enfin, pour boucler la boucle, les responsables
d’Euskal Irratiak Margarita Etxeleku et Agus Hernan ont souligné le montant des
aides octroyées par l’Office Public de la langue basque, quatre fois moins
importantes que celles octroyées par les institutions bretonnes à une fédération
de radio en langue breizh qui vient de se constituer. Ainsi les radios en langue
basque ont rappelé à Max Brisson, président de l’Office de la langue leur
mission de service public, souhaitant une aide comparable à la radio publique
française présente en Pays Basque. Le président de l’Office Public a donc promis
davantage d’aides si le budget augmentait, rappelant que la totalité du budget
était destinée à des initiatives en faveur de la langue basque. L’annonce du
montant des aides pour la langue basque d’après la convention spécifique
2000-2006 est attendue avec impatience.
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