Plus de 650 prisonniers, dont 150 en France, sont incarcérés à une moyenne de 830km du Pays Basque. Pour exemple citons le cas des 4 originaires ou vivant à Donibane Lohitzun ou Ziburu : Jakes Esnal est à Clairvaux, à 1250km, Inaki Gracia à Lannemezan, Mattin Bilbao et Unai Berrostegieta à Navalcarnero, à 600km.
La politique carcérale menée par les états français et espagnol et les conditions de détention qui en découlent ont coûté la vie à 20 prisonniers, les 2 derniers étant décédés en 2006. 16 personnes sont mortes sur la route de la dispersion. Cette année, on recense déjà 28 accidents et 72 blessés. Le coût des visites est énorme : 14000 euros par an de moyenne par prisonnier. C’est une véritable condamnation pour les familles.
Augmentation de la durée des peines, maintien de la dispersion et de l’isolement politique, communication et droit de visite restreints, atteinte aux droits des prisonniers malades, obstacles à l’éducation et à l’utilisation de la langue basque, élimination des possibilités de réduction des peines, autrement dit : Non-respect permanent de leurs droits ! Non-respect et violation par les Etats français et espagnols de leurs propres lois.
Les Prisonnier-ère-s politiques basques ainsi que leurs familles sont les premiers à subir le conflit politique que vit le Pays Basque. Leur situation est une des conséquences de ce conflit.
Le fait de reconnaître qu’il y a un conflit politique au Pays Basque implique la reconnaissance du caractère politique des prisonniers. L’Etat français ne reconnaît pas son implication dans ce conflit. Il en est pourtant acteur au vu des 150 prisonniers incarcérés dans ses prisons et les centaines de réfugiés politiques qu’il a expulsés ou déportés durant les dernières décennies. Ne pas assumer ses choix politiques est-il acceptable alors qu’une résolution du conflit est en train de se mettre en place en Espagne?
Le 24 juin à Bayonne, le forum d’Ibaeta organise une manifestation pour exiger le respect des droits des Prisonniers Politiques Basques. Nous nous devons tous d’y être présents pour faire entendre nos voix. Mais il faudra sûrement beaucoup plus pour que les choses changent. Les populations françaises et espagnoles sont loin d’avoir une information réelle et neutre sur le vécu des prisonniers et de leurs familles. L’implication de chacun dans la dénonciation de leur situation est primordiale. C’est dans la vie de tous les jours, au travail, dans nos associations, avec nos amis, nos connaissances que nous pouvons échanger, informer, expliquer les choses. Nous pouvons aussi participer aux rassemblements d’Etxerat les derniers vendredis de chaque mois.
Les Prisonnier-ère-s Politiques Basques ainsi que leurs familles ne doivent plus être pris en otage et servir de monnaie d’échange aux gouvernements français et espagnol. Si nous voulons avoir une chance d’être entendus, c’est maintenant que nous devons être forts, unis et participer à toutes les démarches en leur faveur.