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Le JPB > Pays Basque 2006-08-25
L’ancien secrétaire d’Etat à la Sécurité Rafael Vera sera bientôt remis en liberté

La Direction générale des institutions pénitentiaires a donné son feu vert à la demande de mise en liberté de Rafael Vera, selon la presse espagnole. Secrétaire d’Etat à la Sécurité à l’époque du gouvernement socialiste de Felipe Gonzalez, il a été écroué le 16 février 2005 pour purger une peine de sept ans de prison pour un délit de "détournement d’argent public" dans le cadre de la "lutte contre le terrorisme".

Six mois après, en août, les institutions pénitentiaires l’avaient autorisé à quitter la prison 32 heures par semaine, huit heures par jour du lundi au jeudi. En mars dernier, nouvelle concession : cinq jours par semaine en liberté sous condition d’avoir un bracelet électronique. Maintenant, si le Parquet ne fait pas appel de la décision de l’administration pénitentiaire, Rafael Vera sortira définitivement de prison sans bracelet et avec le seul contrôle d’un appel téléphonique.

Rafael Vera subit une "grave dépression" provoquée par sa situation d’isolement à l’intérieur de la prison, selon les institutions pénitentiaires. L’ex-secrétaire d’Etat à la sécurité est séparé des autres prisonniers "en raison de son ancien poste" au gouvernement. L’avis favorable s’appuie aussi sur la situation de sa femme, "également en dépression".

En 1998, le Tribunal suprême espagnol a condamné à dix ans de prison Rafael Vera ainsi que l’ancien ministre de l’Intérieur, José Barrionuevo pour leur implication dans la guerre sale. Ils ont été reconnus coupables entre autres de l’enlèvement de l’Hendayais Segundo Marey et de détournements de fonds publics au profit des Groupes antiterroristes de libération, les GAL. Ces groupes para-policiers sont responsables d'une trentaine d’attentats mortels en Pays Basque nord qui avaient pour objectifs des militants abertzale. Rafael Vera avait été gracié par le gouvernement du leader conservateur José María Aznar.

Un "scandale"

Dans un communiqué, le Ministre basque de la Justice, Joseba Azkarraga, a déclaré que ces mesures pénitentiaires représentent "l’acte final de l’achat du silence" de Rafael Vera. Le ministre basque a qualifié de "scandale" l’éventuelle mise en liberté d’une personne qui n’a même pas purgé un dixième de sa peine. Joseba Azkarraga (EA) a critiqué le fait que le gouvernement du PSOE emploie deux poids, deux mesures. "Il déroule le tapis rouge pour ses prisonniers" alors que pour les détenus basques "il enfonce le clou des lois pour donner une image médiatique de détermination face au terrorisme". Le ministre s’est dit favorable aux mesures pénitentiaires permettant la mise en liberté des détenus, "toujours dans le cas où elles sont appliquées à tous les prisonniers".

Joseba Azkarraga a rappelé que M. Vera avait été condamné pour des "délits de terrorisme et de détournement d’argent public". "Voici un exemple de la façon d’agir de ce gouvernement qui essaye de faire du chantage en poursuivant l’illégalisation d’un parti politique de large représentation sociale et qui joue avec la liberté de centaines de citoyens pour de simples intérêts stratégiques".


 
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