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Le JPB > Sujet à la une 2006-10-04
A Anglet, le festival de Montaury veut créer des passerelles entre le tissu urbain et le tissu humain
·La seconde édition qui se tiendra du 11 au 15 octobre, transforme la N10 et crée un pont entre art, science et techniques

Le festival des sciences, arts et techniques de l’université de Montaury, qui se tiendra à Anglet du 11 au 15 octobre, promet, pour sa seconde édition, de créer des passerelles entre le tissu urbain et le tissu humain.Une affaire de sens et de sciences qui décloisonne le monde universitaire et tait les suspicions d’un monde technologique étriqué ou rébarbatif en le célébrant dans la fête et dans les arts. Comme en biologie, les modèles vivants serviront de trame au festival qui déclinera le thème de la peau, entre musiques, théâtres, photos, vidéos, cinéma performances et conférences. Menés par leur professeure de philo, Marilin Masurel, les étudiants de Montaury célèbrent ainsi le vivant et la vie, qu’elle soit "Biologie des passions" comme le propos de la conférence du docteur en neurobiologie et écrivain Jean-Didier Vincent, ou musique de l’instant dès lors que le musicien et improvisateur jazz Ramon Perez se mêle en personne de faire une création pour le festival.

De l’art et des travaux publics

Le monde que l’on soupçonne brutal, rentable et efficace dans cette école de BTP, s’en trouvera adouci, à l’image de cette nationale 10 qui traverse Anglet et servira de lien entre l’art et les travaux publics, entre l’Université et la ville."La nationale 10 est un non-lieu mais beaucoup de gens vivent dessus" constate Marilin Masurel en souhaitant que le festival garde "cette notion de liens".Résultat, cette sombre fracture sera promptement recousue dès mardi prochain et tout entière dédiée au festival. Une route grimée qui depuis cette nuit, diffuse une lumière verte.Elle sera ensuite habillée pour créer quatre univers et verra de nombreuses animations de rues, organisées notamment par les commerçants alentours qui en proclameront la vocation de "paséo".Contre-allées fermées et vitesse limitée.A 30 km/h, on verra mieux les panneaux publicitaires dédiés à la performance, avec une création de Xavier Lucchesi, photographe spécialisé dans les clichés aux rayons X qu’il colorise.Ambiance science-fiction. "Martien" même s’amuse Marilin Masurel.

C’est dans ce contexte galactique qu’évoluera un bestiaire des plus étonnants, dans lequel on croisera pêle-mêle les envoyés du Youclud, genre de croisement entre humour et philosophie orientale, entre yacks et yétis, le chanteur Axel Bauer, le philosophe Christophe Lamoure qui évoquera "le visible et l’invisible", le corps et l’âme, comme un écho aux photos en rayons X. Et encore, le groupe Burrunka, 50 clips vidéo issus du festival Protoclip, le film Une vérité qui dérange (en avant-première) sur le réchauffement climatique, dont Yann Arthus Bertrand dit qu’il est "le premier film catastrophe dont les responsables et les victimes sont dans la salle" et pléthore de groupes pour animer les apéros sous chapiteau ou les soirées.Anglet proclame une nouvelle centralité et l’architecte Rudy Riccioti, concepteur du "bâtiment structurant" qui équipera bientôt la ville d’une salle de spectacle non loin de là, en expliquera tout l’intérêt.On est également dans le registre de la coquille et de la peau, thème structurant de cette seconde édition.En écho, l’écrivain et critique d’art contemporain Jean Hausser racontera "la peau comme interface technologique", les avancées et les espoirs qui en découlent dans leurs interactions.Illustration avec la performance du célèbre Marcel.lí Antúnez Roca, fondateur de la Fura dels baus et connu pour ses performances mécatroniques et ses installations robotiques.

Dans la peau

En guise de seconde peau, le comédien aura même un "squelette inversé", à savoir un équipement avec lequel il contrôle et modifie les sons et les images en se mouvant.Toujours sur ce thème épidermique, un autre festival croisera celui de Montaury.Les rencontres improbables de la compagnie Lézards qui bougent feront une performance sur la peau pour le festival de Montaury.La compagnie Québécoise les passagers expliquera Comment ne plus être humain.Une autre performeuse, Natacha Roussel, venue également de Montréal, présentera une garde-robe ambulante, véritable seconde peau qui conditionne les gestes.Enfin, avec sa biologie des passions, Jean-Didier Vincent expliquera qu’avoir quelqu’un dans la peau est davantage une question de neurobiologie que d’art ou de littérature.Une façon de poursuivre ce thème, développé il y a deux ans, lors de la première édition du festival de Montaury.



"La biennale nous convient bien"
"La biennale nous convient bien" explique Marilin Masurel, présidente de l’association qui organise tous les deux ans le festival de Montaury. Il faut dire que la programmation est dense, malgré un budget, somme toute modeste, de 150 000 euros. L’idée est "d’arriver à des choses concrètes" juge cette professeure de philosophie en estimant que le festival, qui "dérangeait au début" doit permettre de "décloisonner" les genres et les milieux. Comme en biologie, on retrouve l’idée du "vivre ensemble et loin des autres". mais l’humain s’adapte dans son milieu naturel ; comme autour de cette nationale 10.


 
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