De Juana Chaos: le parquet de l’Audience National a requis deux peines au choix
Le procès à l’encontre du prisonnier Iñaki de Juana Chaos concernant deux tribunes libres diffusées dans la presse, s’est tenu hier à Madrid sous haute tension, en dehors et dans l’enceinte du tribunal. Des membres de l’AVT, l’association des victimes du terrorisme proche du PP, et d’un groupuscule d’extrême droite ont bruyamment manifesté devant les locaux de l’Audience nationale espagnole, perturbant le trafic de la rue Genova, tandis que la police interdisait l’accès aux proches du militant basque, qui sort d’une grève de la faim de deux mois justement pour dénoncer sa mise en examen alors qu’il devait être remis en liberté.
Ce procès a suscité une vive polémique en Espagne en raison de la décision du parquet de l’Audience Nationale de revoir considérablement à la baisse ses réquisitions initiales de 96 ans de prison contre Iñaki de Juana Chaos pour deux articles de presse. Cette décision a été interprétée par la droite comme une ingérence du gouvernement pour favoriser le processus de paix. Il faut savoir que jusqu’à présent le délit de "menace" pour lequel a été mis en examen Iñaki de Juana Chaos relevait d’une peine de 2 ans de prison.
Le représentant du parquet qui devait requérir contre l’accusé s’y est refusé, et il a été remplacé par un autre magistrat. Le nouveau représentant du parquet n’a pas retenu le délit initialement imputé à l’accusé d’"appartenance à bande armée".
Il a proposé deux alternatives au choix: soit 13 ans pour un délit présumé de "menace terroriste" ou quatre ans pour "incitation au terrorisme".
"Je ne suis pas membre de l’ETA. J’en ai fait partie dans les années 1980. J’ai purgé ma peine et tout ce que je veux aujourd’hui, c’est écrire", a assuré à l’audience le militant donostiar, qui écrit un livre et collabore à deux journaux. Le jugement a été mis en délibéré.
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