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Le JPB > Pays Basque 2006-10-28
"Suspension des contacts", le bras de fer se poursuit
·Le gouvernement espagnol envisage de "suspendre les contacts" avec l’ETA selon le quotidien El Pais, proche des socialistes

Le gouvernement de José Luis Rodriguez Zapatero envisagerait de "suspendre les contacts" avec l’organisation armée basque ETA, s’il s’avère qu’elle est responsable du vol de centaines d’armes à feu commis lundi soir près de Nîmes. C’est le message que l’exécutif socialiste a fait passer hier sur les colonnes du quotidien El País, un message qui a deux destinataires : l’opinion publique espagnole d’un côté, et l’organisation armée de l’autre.

Ce vol "n’a pas changé les plans du gouvernement sur le processus de paix, mais l’exécutif espère rapidement une information plus précise sur ce qui s’est passé pour décider ensuite s’il suspend ou non les contacts" avec l’ETA, rapporte le quotidien pro-socialiste. Citant des sources gouvernementales, El País souligne que l’exécutif de José Luis Rodriguez Zapatero a l’intention de poursuivre le processus de paix "si l’ETA se conforme aux règles du jeu fixées dès le départ, à savoir un renoncement total à la violence de la part des terroristes". "Dans le cas contraire, le dialogue prévu avec l’ETA serait gelé", poursuit le journal.

Hier, de façon officielle, le gouvernement espagnol a indiqué qu’il continuait de "vérifier la volonté de l’ETA de renoncer définitivement à la violence". À l’issue du conseil hebdomadaire des ministres, la vice-présidente du gouvernement espagnol, Maria Teresa Fernandez de la Vega a déclaré que "le gouvernement continue de vérifier la volonté authentique de l’ETA de renoncer définitivement à la violence". Elle a expliqué que le gouvernement était en train de réunir "toute l’information, les éléments d’enquête et l’analyse opportune" pour se prononcer sur les conséquences du vol de 350 armes à feu et 10.000 munitions. "Nous serons exigeants", a-t-elle martelé tout en ajoutant qu’il s’agit d’un "délit très grave", d’un "acte totalement stérile et inutile si son objectif est de faire pression" sur le gouvernement.

En effet, s’il se confirme que l’ETA est responsable du vol, l’interprétation la plus plausible serait, comme affirmé par la vice-présidente espagnole, un acte de pression à l’égard de l’exécutif de Madrid.Depuis quelques semaines, l’ETA et le gouvernement espagnol sont en train d’extérioriser un bras de fer qui semble montrer que la santé du processus n’est pas la meilleure.

Une première réunion officielle entre des représentants de l’ETA et des émissaires du gouvernement était prévue cet été, mais elle a été reportée sans motif officiel.L’exécutif Zapatero veut aborder en premier lieu la question de "la fin de la violence" pour démarrer ensuite la table de dialogue entre les partis politiques. En même temps, Madrid ne veut pas faire de geste en matière pénitentiaire jusqu’à ce que les contacts avec l’ETA avancent. De l’autre côté de la table, l’ETA voudrait que la négociation "militaire" et le dialogue "politique" avancent de façon parallèle. Par ailleurs, l’organisation armée reprocherait à M.Zapatero de n’avoir pas fait un seul geste, que ce soit en matière pénitentiaire (aucun prisonnier n’a été rapproché, et les 135 détenus qui devraient déjà être libres après avoir accompli leurs peines n’ont pas recouvré la liberté), ou en matière de normalisation politique (les interdictions de Batasuna et d’autres mouvements tels qu’Askatasuna persistent encore).

C’est dans ce contexte précis qu’il faudrait situer le vol d’armes de Nîmes ainsi que les messages officiels et extra-officiels du gouvernement espagnol. Chacun est en train de tirer avec force de son côté. La corde du processus supporte en ce moment une forte tension que le débat de Strasbourg n’est pas arrivé à dénouer. La question est de savoir si les liens tissés pendant ces mois de contacts entre toutes les parties seront suffisamment solides pour résister.


 
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