Boycott de la venue du ministre Borloo par les élus socialistes
·Les élus socialistes boycottent la signature par le ministre de la création de la Maison de l’emploi
Ils n’en seront pas. Les élus socialistes refusent d’honorer de leur présence l’invitation protocolaire lancée à l’occasion de la venue aujourd’hui du ministre du Logement, de l’Emploi et de la Cohésion sociale Jean-Louis Borloo pour signer la convention ANRU2 et celle portant sur la création de la Maison de l’emploi.
Pour la sénatrice socialiste Annie Jarraud Vergnolle, "il s’agit de com’ à des fins électoralistes" et met l’accent sur les différences entre "l’affichage et la réalité". Pour l’élue angloye, l’idée de Maison de l’emploi, sur le modèle des Job center britanniques, qui instaurerait un guichet unique pour le demandeur d’emploi n’est pas une mauvaise chose en soi. Sauf que les socialistes sont persuadés que ce ne sera pas le cas, que c’est une structure de plus, "spécialité bien française" ajoute le conseiller général de Bayonne-Nord Christophe Martin. La sénatrice précise à l’appui des "écarts entre les annonces faites par ce gouvernement et les réalités du terrain", que le ministère répertorie la Maison de l’emploi de Bayonne comme si elle existait déjà. Philippe Pouymayou, conseiller régional indique que la Région ne participe à cette structure qui est un simple "contenant sans contenu".
Le réquisitoire est achevé par Christophe Martin qui indique que "ce gadget" ne permettra "pas de trouver un emploi, mais de trouver des informations sur l’emploi". Il rappelle que ces 12 derniers mois, la création d’emplois sur le bassin de Bayonne a été de +0,9% (quand celui du bassin de Pau a été de +2,3%), essentiellement "dans les métiers les plus pénibles, le BTP, l’hôtellerie restauration,...".
Sur le dossier du logement, les dirigeants du PS local ne sont pas plus indulgents. Certes, ils reconnaissent la nécessité d’une réhabilitation des quartiers du plateau St-Etienne, saluent l’abandon de l’idée de destruction de la tour 7 de la ZUP, et ne considèrent pas comme négligeables les 75 millions d’euros qui seront financés par l’Agence nationale du renouvellement urbain sur 6 ans.
Néanmoins, Pierre Favraud fait remarquer que les financements pour la réhabilitation de la barre d’immeubles des Hauts de Ste-Croix étaient obtenus depuis 2000. Le secrétaire fédéral de l’antenne de Bayonne du PS64 explique que le choix de destruction de bâtiments de Caradoc s’explique par le fait que pour bénéficier de l’ANRU2, il fallait quelques destructions, et s’inquiète que l’argumentaire du maire évoque "la nécessité d’améliorer l’accès à la clinique". LePS demande à ce que les loyers des logements neufs soient à l’identique à ceux détruits.
Quant au plan Borloo pour le logement social, dont la déclinaison locale est le plan d’urgence logement Pays Basque (2000 logements sociaux de 2005 à 2009), "le compte n’y est pas": "au 30 juin 2006 ce sont seulement 651 logements qui ont été programmés, dont près de 40% de Œlogements sociaux haut de gamme’ (PLS)". La gestion de la droite locale est aussi pointée du doigt avec la création en janvier 2006 de l’Etablissement public foncier local (EPFL) qui a "essentiellement utilisé les fonds disponibles pour son fonctionnement et quelques acquisitions dans le sud Pays Basque, et récemment à St-Pierre-d’Irube".
Alors 75M¤ avec l’ANRU2 oui, "mais pour créer plus de logements là où sont les besoins cela aurait été encore mieux" conclut le représentant des socialistes du Pays Basque.
"La concertation selon Jean Grenet"
Le conseiller général de Bayonne Est Jérôme Aguerre réagit dans un communiqué sur "la concertation selon Jean Grenet", alors que "les habitants du quartier Caradoc [ont été] mis devant le fait accompli". Si le député maire UMP a assuré qu’il ne savait que depuis 15 jours que la convention destinée à obtenir les fonds ANRU a été validée par Jean-Louis Borloo, "il oublie de préciser que comme tout projet de cette ampleur, le travail autour de cette convention a été élaboré bien en amont" écrit l’élu socialiste. "Il aurait été normal et responsable de réunir les habitants de ce quartier pour les informer, recueillir leurs avis, et proposer un projet au plus près des attentes des Bayonnais. Au lieu de cela, la destruction de 4 ou 5 immeubles pour les reconstruire ailleurs est proposée sans que les résidents en aient été informés". Et Jérôme Aguerre de conclure que "une fois de plus, Monsieur Grenet agit selon son bon vouloir", trouvant "cette méthode peu respectueuse à l’encontre de ses administrés".
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