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Le JPB > Pays Basque 2006-11-24
La distribution directe de journaux icône de "l’esclavagisme moderne"
·Deux ex-salariés de Kicible ont contesté hier leur licenciement

Depuis la signature en juillet 2005 d’une convention collective dans le secteur de la distribution directe (distribution de prospectus publicitaires ou de journaux gratuits dans les boîtes aux lettres), les conditions imposées aux salariés de Kicible (filiale de Sud Ouest) étaient devenues insoutenables.

Cette convention collective devait permettre d’obtenir une rémunération correspondant au temps de travail réellement effectué, ainsi que le remboursement des frais professionnels engagés, dans un secteur où la loi de la jungle perdurait.

Pour Me Anne-Marie Mendiboure, qui défendait hier devant le Tribunal des Prud’hommes deux ex-salariés licenciés à Anglet, l’application de la Convention a été tout autre, reprochant à l’entreprise Kicible de pratiquer des conditions de travail perçues comme de "l’esclavagisme moderne".

Kicible ayant été rachetée cet été par Adexo, ce "géant" partage aujourd’hui le marché avec Médiapost, filiale de La Poste.

Me Mendiboure a déploré que les deux grands groupes profitent de la signature de cette convention, qui aurait dû être une avancée sociale significative dans ce secteur précarisé, "pour augmenter la charge de travail tout en réduisant les rémunérations et pour entamer une stratégie de répression syndicale de grande ampleur à l’encontre des représentants de la CGT". Comme à Anglet, à Moulin, Toulouse ou Blois, l’entreprise a procédé à des licenciements au lendemain du mouvement de grève de septembre 2005. Pour l’avocate de la société, en revanche, point d’acharnement sur les représentants du syndicat CGT, mais au contraire, une stratégie globale de ce syndicat pour s’attaquer au groupe.

Pour la société, les deux licenciements n’ont pas de lien avec l’action syndicale menée par ces deux salariés en 2005. En revanche, une fois le mouvement contestataire terminé, les deux salariés ont refusé de se présenter à leur poste de travail.

Pour Me Mendiboure, les missions confiées à l’issue de la grève à ses clients n’étaient pas conformes au contrat, voulant obliger ces derniers à travailler "30% de plus, pour un salaire 30% moindre, soit un salaire inférieur au SMIC", d’où le refus d’exécuter le travail demandé. Le tribunal tranchera le 15 février 2007.


 
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