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Olentzero / Charbonnier basque qui ranime les braises du soleil
«Personnellement, je ne crois pas aux cadeaux»
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Olentzero
est de retour un peu partout au Pays Basque.Le célèbre charbonnier basque confie pour la première fois au Journal ses croyances et ses lassitudes, sans jamais perdre l’espoir puisque c’est le sens de son message.Un message bien loin de celui d’un Père Noël basque, qui garde ses caractéristiques propres et sa vocation sociale, quand la fête du solstice est encore au Pays Basque une occasion de partager dans la rue. De partager davantage que des bonbons et des friandises alors que dans les villes tinte la mélodie des tiroirs-caisses.Un message plus profond qui répond aux maux de notre société.Dans l’ombre d’Olentzero, Claude Labat, son porte-parole et auteur de Olenzero, le charbonnier qui ranime les braises du soleil, se réjouit que, depuis quelques années, ce message commence à être entendu.
Olentzero, d’où viens-tu ?
Je viens d’une lointaine montagne, du fin fond du Pays Basque, dans laquelle je fais du charbon. C’est- à-dire que je suis totalement rejeté des villages, je vis comme un sauvage et je passe mon temps isolé, tout seul, perdu dans cette montagne.
Alors pourquoi viens-tu à Bayonne en bateau ?
Eh bien parce que je me suis rendu compte que j’avais quelque chose d’important à dire à tous ces gens qui vivent en bas dans la plaine, en particulier ceux qui vivent en ville, là-bas au fond, dans la vallée.
Quel est ce message important ?
Bien que je sois isolé, je sais comment ça se passe. Je sais que beaucoup de gens broient du noir. Moi qui suis charbonnier je comprends très bien la situation et j’ai envie de leur dire quelque chose d’important : il faut garder espoir.
Est-ce que tu parles basque ?
Oui, je parle basque avec ceux qui parlent basque, je parle français avec ceux qui parlent français, ainsi de suite...
Quand est-ce que tu es né ?
Je suis né il y a très très longtemps, dans la nuit des temps et c’est pour cela que j’ai des choses à dire et à apporter. Depuis que je suis né, je sais que la nature reprend toujours le dessus, que le soleil revient toujours et qu’il ne faut pas perdre espoir.
Est-ce que tu n’en as pas marre de distribuer des bonbons ?
J’en ai tout à fait marre parce que je ne suis pas du tout venu pour ça. Ce n’est que récemment que l’on m’a demandé d’apporter des bonbons et des cadeaux. Je ne suis pas du tout venu pour ça. Je suis venu pour porter une nouvelle. Et la nouvelle c’est que le soleil revient. Les bonbons, c’est rien du tout à côté de ça. Je crois que ça distrait au contraire les enfants et les plus grands du message que je porte.
Est ce que Jésus et le père Noël sont tes collègues ou tes concurrents ?
Je ne crois pas qu’ils soient des collègues mais ce ne sont pas non plus des concurrents. Jésus amène le même message que moi mais moi je suis plus ancien. On dit que Jésus est le soleil de l’humanité mais c’est une fraction de personnes qui le dit. Moi je disais avant que le soleil doit briller pour tout le monde. L’Église n’a fait que reprendre le même message et tant mieux. Quant au père Noël, c’est quelqu’un qui distrait de l’essentiel.Ce n’est pas ton ami ? Ce n’est pas mon ennemi. Mais quand je le vois dans la rue, je passe à côté, je le salue, mais c’est tout. Je ne lui dis pas "collègue" en tout cas.
Qu’est-ce que tu aimerais faire aujourd’hui dans notre société, qui te ressemble ?
Dans notre société, j’aimerais rappeler que ce n’est pas parce qu’on est noir ou qu’on est dans le noir qu’on doit être exclu ou viré de cette société. Je dirais qu’il faut peut-être considérer qu’il y a des gens qui ont besoin de plus de choses que d’autres. Ce qui n’ont rien ont davantage besoin d’être considéré que les autres. Le noir qui cache le soleil de notre société, c’est le noir de l’égoïsme, de l’exclusion et c’est peut-être là qu’est le fond de mon message. Le soleil doit briller par tout le monde. Le soleil, c’est le partage des richesses, c’est le partage du savoir et ainsi de suite.
Comment aimerais-tu l’avenir ?
L’avenir, j’aimerais le voir lumineux, bien entendu. J’aimerais le voir chaud, j’aimerais le voir en pleine lumière. Comme le charbon de bois transforme le métal, j’aimerais que cette société se transforme petit à petit. J’aimerais une transmutation des valeurs, pour qu’on s’attache à l’essentiel et pas au provisoire et au superficiel.
Quel est le meilleur cadeau que pourraient te faire les Basques ?
Personnellement, je ne crois pas aux cadeaux. Mais le meilleur cadeau, c’est d’être soi-même et de partager ce que l’on a. Sans inventer des prétextes pour offrir des choses. C’est tous les jours qu’il faut savoir offrir et recevoir.
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