F rères et soeurs, que devient Noël dans notre pays ? Notre société si fortement sécularisée, attend-elle quelque chose de cette fête chrétienne ?Que peut donc lui apporter cette nuit sainte où les chrétiens célèbrent la naissance du Sauveur ?
Car ne nous racontons pas d’histoires : Noël 2006 arrive dans un pays développé mais mal dans sa peau et son âme.
Face à l’échéance de trois élections nationales, nous remarquons beaucoup de gens qui pour le moment les envisagent sceptiques sur l’avenir et défiants envers l’engagement politique et les institutions.
D’autre part, nous regardons surgir de nouvelles générations, la troisième vague après 68 : du fait de certains courants de pensée et médiatiques, elles ont perdu des points de repères spirituels structurant une personne et une société ; elles essaient de s’en trouver d’autres, d’où l’impression qu’elles donnent d’être insaisissables, parce que sans raison d’espérer ; d’où le sentiment qu’elles ont d’être incomprises par une société vieillissante et qui ne prépare pas leur place.
En même temps nous voyons fleurir des lieux nouveaux de rencontres, de fêtes, d’art et de formation permanente, des associations créatrices de lien social, des initiatives humaines et de sauvegarde de l’environnement, où se découvrent d’authentiques valeurs, de nouvelles configurations et peut-être l’homme de demain.
A ces générations qui bien souvent se cabrent en piétinant, en voyant leur niveau de vie baisser, qui se désespèrent d’être exclues ou qui se lancent dans des expériences dangereuses comme la drogue, les familles "alternatives" etc. que peut donc proposer la fête chrétienne de Noël ?
Tout simplement le modèle d’une famille unie et la tendresse d’un nouveau-né dans un abri de fortune. Entourés par de pauvres bergers sous la lumière des étoiles, Marie, Joseph, l’Enfant-Dieu précédés par les anges, nous annoncent à tous des choses simples, des vérités fondamentales dont la transmission a du mal à se faire, mais qui sont Bonne Nouvelle quand elles sont reçues.
Ils nous annoncent, ces personnages de Noël, le bonheur et la paix à nous tous que Dieu aime. Car Dieu existe, il est notre source de vie et d’amour : c’est notre foi.
Ils nous disent que nous ne sommes pas des produits de hasard, ni de commerce ni de technique mais des êtres humains aimés sitôt conçus, et même avant.
Ils nous certifient que nous ne sommes ni maudits, ni exclus, ni voués aux mauvais sorts mais promis au bonheur.
Ils nous assurent que personne ne sera pour toujours sous la coupe du plus fort, du plus dur, du plus chanceux, mais sera un jour accueilli avec joie par Dieu en personne.
Ils nous proclament qu’un amour nous précède, nous accompagne et nous attend:Dieu Incarné pour qui la personne humaine créée à son image a valeur infinie. Voilà l’originalité de Noël ; son apport spécifique au monde, son secret qui donne chaud au coeur et ouvre la porte à l’espérance.
Voilà ce que je vous souhaite, la bonne nouvelle que je vous annonce, que je vous propose à vous tous, chers amis qui me lisez ou m’écoutez. Vous particulièrement les malades, les prisonniers, les personnes âgées et handicapés, les chômeurs, les souffrants et les solitaires, les incompris et les persécutés, ne vous croyez pas rejetés à jamais.
À travers cet Enfant-Dieu de Noël, quelqu’un vous bénit et vous aime, Celui que les chrétiens appellent Notre Père.
Oui notre monde a un grand besoin d’aimer et d’être aimé ; il se refuse d’être fabrique d’orphelins. Les jeunes aspirent d’ailleurs à connaître des joies familiales durables dans des foyers unis, où père, mère, enfants trouvent leur joie de vivre.
Pareillement notre Église missionnaire qui annonce à tout vent la naissance de Jésus l’amour incarné, éprouve ce même besoin d’aimer et d’être aimée pour son message unique de bonheur : Dieu fait homme vient nous sauver par amour.
Avec beaucoup d’autres, les chrétiens se retrouvent sur la brèche pour en témoigner : qui n’a pas ses fractures et ses contusions, ses combats et son idéal ? Chacun a besoin des autres. Tous ont besoin de chacun.
Dès lors Noël est pour tous l’occasion de se retrouver autour de l’Enfant Dieu, fils du Père ; lui seul fonde la véritable fraternité sans laquelle une société et une personne errent sans trêve et sans espoir.
Je vous souhaite à tous et chacun de Le rencontrer au fond de votre c¦ur et au détour de vos chemins. Je vous souhaite de vous rencontrer mutuellement, de travailler à aller vers les plus seuls, à vous réconcilier ; on ne devient soi-même que par l’autre.
Pourquoi n’élirions-nous pas en ce Noël 2006, Jésus l’Amour Incarné, le seul ELU à pouvoir donner le bonheur qu’il promet? Une telle élection ne déçoit jamais. Rendez-vous donc à la crèche aux pieds de l’Enfant-Dieu, l’Élu du Père, notre Élu.
Heureux et saint Noël à tous !