Top 14 - 19e journée
L’Aviron a beaucoup à gagner à Montpellier
·Les Bayonnais se déplacent chez la lanterne rouge avec la possibilité de condamner quasi définitivement un adversaire direct
Même si Montpellier et Bayonne jouent ce soir (20h30) une grande partie de leur avenir dans le Top 14, le fait est que la pression repose plus sur les Héraultais que sur les Basques. "La vie du club va se jouer. On serait quasiment condamné à la Pro D2 en cas de défaite", avance Julien Thomas, demi de mêlée de Montpellier, qui a dégringolé à la dernière place après avoir aligné quatre défaites consécutives. Comme l’a analysé l’entraîneur des Bayonnais Xavier Péméja, les rencontres qui se joueront à domicile d’ici à la fin de la saison risquent de faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre. Et cela concerne toutes les formations qui risquent encore une hypothétique relégation en Pro D2. Un sentiment partagé par son collègue Jeff Beltran qui n’hésite pas à dédramatiser ce déplacement : "Si vous voulez... Je rappelle tout de même que perdre à Montpellier ne serait pas pour nous une catastrophe. Par contre la défaite des Héraultais leur serait sans doute fatale. Il faut en finir avec ces "matches couperets". Une formule dont nous sommes friands, mais qui tue le jeu. La réalité mathématique c’est que nous devons gagner au moins trois matches sur huit. Quatre, ce serait l’idéal".
À commencer par ce soir car une victoire dans l’Hérault, bien que pas définitive, loin de là, représenterait quand même un important bol d’oxygène pour les coéquipiers de Richard Dourthe. Dans ce sens, Bayonne devrait aligner une équipe proche de celle qui a battu le Stade Français début janvier. Seuls le pilier argentin Lopresti (entorse genou droit) et le 3e ligne russe Gratchev (lésion ligament interne genou gauche) sont absents. En revanche, le groupe enregistre les retours du pilier samoan Jeremy Tomuli et du 3e ligne anglais Phil Davies. Au contraire de l’ouvreur italien Ramiro Pez, retenu par le sélectionneur Pierre Berbizier pour l’ouverture du Tournoi le 3 février à Rome contre l’équipe de France. Tout comme l’ailier argentin Jose-Maria Nunez Piossek (genou) toujours blessé.
En face, l’impératif de maintien est décuplé par la mise en service d’un stade ultra-moderne de 12.000 places en début de saison prochaine. Pour ce match décisif, les Montpelliérains, toujours privés de leur capitaine Jérôme Vallée, ont choisi de confier leur sort à des jeunes joueurs formés au club comme l’ailier Jacques Boussuge, le troisième ligne Louis Picamoles ou le demi d’ouverture François Trinh-Duc. "Nous avons notre destin entre nos mains", souligne quand même le manager Didier Nourrain. Il s’agira de ne pas le rater.
« Avant on jouait pour ne pas perdre »
Xavier PÉMÉJA /
Co-entraîneur de l’Aviron BayonnaisLe co-entraîneur de l’Aviron Bayonnais Xavier Péméja
affirme que son équipe “veut survivre” et espère “poursuivre sur sa dynamique
actuelle” ce soir chez le dernier Montpellier, lors de la 19e
journée.
La dernière victoire sur le Stade Français (29-17, le 6
janvier) semble avoir regonflé le moral des troupes. Vous confirmez ?
Oui, bien sûr. On est sortis de la dernière place (rires). Moralement,
c’est bien car les joueurs sont récompensés des efforts au classement. Vous
savez, on a été blessés très tôt par les propos de certains (observateurs),
annoncés même morts. On commence maintenant à revivre même si on est encore dans
la zone rouge. On veut survivre. Battre le Stade Français, même s’il ne jouait
pas sa qualification sur ce match-là, c’est souvent des victoires qui en
appellent d’autres.
Comment expliquez-vous votre regain de forme
actuel ?
Je crois qu’on a touché le fond très tôt, cela a laissé
plus de temps pour remonter. J’espère qu’on est toujours en train de remonter,
sur la bonne voie. Notre discours de jeu en début de saison n’a pas payé au
niveau des résultats. La première défaite de la saison à Albi a mis le doute,
après il y a eu des histoires au niveau du staff, on a restreint le jeu très
fortement. Là, on n’a pas changé notre discours mais on a des résultats. Les
joueurs ont pris confiance, ont envie de créer, de prendre des initiatives et on
joue plus pour gagner alors qu’à l’époque on voulait surtout ne pas se faire
prendre.
Ce match de Montpellier vous inquiète-t-il ?
Ce sera beaucoup plus dur de faire un résultat que de battre le Stade
Français. Je sais très bien qu’il y a un appel au peuple qui a été fait là-bas,
ça va être très très rude même si je sens qu’aujourd’hui on est capables de
résister à la dimension physique. Si on réussit à gagner à Montpellier, ce
serait une grande partie du maintien mais elle serait remise en question de
suite après, contre Castres à Jean-Dauger. On est cinq clubs à être dans la
charrette dangereuse. Le moindre match perdu à la maison pour ces clubs est
synonyme de descente très rapide, vu que tout le monde se tient à peu de points.
Quand on reçoit, c’est une situation qui est très tendue. Il nous manque 12
points à peu près pour nous maintenir, on a trois matches à domicile. Tout va se
jouer à domicile. Mais vous savez, toutes les équipes disent la même chose.
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