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Le JPB > L'opinion > Tribune Libre 2007-03-23
Xipri ARBELBIDE / Heleta
Démocratie ou dictature ?

Les élections présidentielles n’ont pas encore eu lieu que déjà on fait appel à nous pour les législatives. Les abertzale iront-ils unis ou chacun de leur côté ? L’unité exige au minimum deux points:

1.-La primauté de l’euskara. Les déclarations d’intention seront crédibles si les candidats sont bascophones et si l’euskara tient une place prépondérante dans la propagande. Sinon, inutile de critiquer les autres ou de leur faire la leçon.

2.-Une position claire, sans ambiguïté, par rapport à la lutte armée.

ETA vient pour une troisième fois de nous faire saliver avec une trêve, dite illimitée, qui s’est terminée une fois de plus par un attentat! C’est l’ETA qui a rompu la trêve. Toute personne de bonne foi ne peut le nier. Inutile de faire de la littérature autour de cette évidence. Que le gouvernement espagnol ait sa part de responsabilités, je veux bien, mais c’est un groupe ultraminoritaire de quelques individus de l’ETA qui a pris cette décision, contre l’avis quasi unanime des Basques. Les responsables de la gauche abertzale eux-mêmes ont été surpris par cette rupture et, ce qui ne s’était jamais vu jusqu’ici, l’ont critiqué publiquement. On nous inonde d’une phraséologie où l’expression Œprocessus démocratique’ apparaît dans toutes les lignes. L’utilisent précisément ceux qui veulent nous imposer leur point de vue par les armes. Cela a un nom : dictature militaire. Ce que pensent et veulent les Basques, ces gens-là s’en foutent. Ils veulent imposer leur volonté par les armes. Le reste n’est que du cinéma pour amuser la galerie. Dans ma jeunesse, ETA avait des assemblées générales plus démocratiques que la dictature franquiste. Ils sont loin les ETA V, ETA VI, ETA VII !!

Rappelons pour mémoire que l’ETA naquit parce que certains jugeaient les responsables du PNV, en exil, inaptes à sentir ce qui se passait au Pays Basque, malgré leurs contacts sur place. N’est-ce pas le cas aujourd’hui de ces petits dictateurs en herbe terrés dans quelque cache du centre de la France, complètement déconnectés de la réalité ?

Les Assemblées de l’ETA ont disparu précisément avec la naissance de la démocratie. Malgré tous ses défauts, cette démocratie doit avoir ses qualités, puisque la gauche abertzale tient à en être partie prenante : elle participe à toutes les élections et a protesté, à juste titre, contre l’interdiction de Batasuna.

Les dictatures militaires n’ont rien à faire dans nos débats politiques. Sortant d’une réunion, que personne n’ait de compte à rendre à quelque anonyme en cagoule qui lui dictera la position à prendre lors de la réunion suivante.

Malheureusement, nous savons tous que certains entrent dans ce jeu. Le minimum exigible, si l’on veut l’unité, c’est qu’ils ne figurent pas parmi les candidats et suppléants que l’on nous proposera. Qu’aucun de ces derniers ne soit le petit pantin des apprentis dictateurs. Qu’ils nous le fassent savoir en signant tous un texte où ils se démarquent clairement de cette posture de soumission aux militaires. Et bien sûr, qu’ils nous dissent non moins clairement leur rejet de la lutte armée : elle n’est soutenue que par moins de 5% du peuple basque. Jamais, dans aucune démocratie, un courant aussi marginal n’a dicté ses volontés à la presque unanimité des autres.

Sans cela, l’unité n’est qu’un leurre.


 
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