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Le JPB > Sujet à la une 2007-05-31
ENTRETIEN
"En me rasant, je ne pense qu´aux législatives"

D’homme des médias à homme politique, pourquoi avoir franchi la ligne jaune ?

Pour plusieurs raisons : d'abord d’ordre personnel, mes enfants m'ayant dit à l'automne dernier "papa, il est temps de se battre pour mettre en application tes idées". J'ai été sensible à leur demande. Et après 30 ans passés dans la presse et la communication, j'ai décidé de faire le saut pour me mettre au service des habitants du Pays Basque. J'ai eu beaucoup de chance dans ma vie, ce qui m'a permis d'acquérir de l'expérience, de l'expertise et des connaissances humaines que je veux partager avec mes proches. Par ailleurs, je pense que la situation en France impose un esprit de résistance devant une bipolarisation stérile et une vague bleue qui va concentrer tous les pouvoirs entre les mains de quelques-uns: pouvoir politique mais aussi financier ou médiatique. Enfin, ce mariage entre tradition centriste et modernité tournée vers la rénovation politique prônée par François Bayrou et le Mouvement Démocrate répond à une vraie attente, comme l'atteste l'inscription de dizaines de milliers de personnes. La construction de la maison orange m'intéresse. Ceci étant dit, je vois dans ce passage de la presse à la politique plus une prolongation de mon action publique qu'une rupture.

Est-ce un début de carrière politique ? Vous pensez déjà aux municipales de Ciboure ou St-Jean-de-Luz ?

Je vais vous faire un aveu : en me rasant le matin, je ne pense qu'aux élections législatives ! Voilà pour mon début de carrière politique : on verra au résultat ce que disent les électeurs et j'agirai en conséquence.

Quel bilan faites-vous du mandat MAM-Poulou ?

Madame Alliot-Marie qui avait été élue en 2002 avec un score impressionnantn'a jamais siégé comme députée : difficile donc de tirer un bilan ! Et le scénario risque fortement de se répéter : quel que soit le résultat des élections, elle démissionnera le lendemain du deuxième tour : soit de son poste de député, parce qu'elle aura gagné, soit de son poste de ministre, parce qu'elle aura perdu. Je trouve dommage que notre démocratie nous offre un tel spectacle. Demander la confiance des électeurs et leur tourner le dos à peine reçue, c'est un déni de démocratie. Bref, Madame le ministre mène une campagne de démission : voilà où nous conduit un système qui d'une part conforte toujours le cumul des mandats et d'autre part, refuse à 7 millions de votants (ceux de François Bayrou) d'être représentés à l'Assemblée Nationale.

Entre Michèle Alliot-Marie, Sylviane Alaux et Beñat Elizondo, quelle est la spécificité de votre message?

Jesuis un homme de terrain, un homme venu du monde de l'entreprise, un homme libre, qui refuse les idéologies centralisatrices dépassées, qui préfère rassembler que diviser, avant tout animé d'idées de paix et de progrès : tout est là.

Vous avez accepté le soutien du Parti Nationaliste Basque, mais pas de suppléant issu de ce parti...

C'est la première fois qu'un parti français passe un accord avec un parti basque ; c'est un premier petit pas vers un devenir historique attendu. Chaque chose en son temps...

Êtes-vous favorable à une institution Pays Basque ? Souhaitez-vous l’organisation d’une consultation à ce sujet ?

Comme l'a dit Jean-Jacques Lasserre à Bayonne il y a 15 jours, l'organisation d'une table de travail sur ce thème est souhaitable. Dans le cadre de la réforme de l'Etat français et dans le cadre des institutions européennes, on peut réfléchir à de nouvelles entités qui seraient applicables au territoire français. Beaucoup l'ont déjà dit, le département, recette administrative française qui date de Napoléon, n'est pas une solution pour les années à venir : à nous d'inventer le futur. Même si je me souviens d'avoir été le premier à avoir publié un sondage sur ce sujet dans La Semaine du Pays Basque, il y a 10 ans.

Avez-vous déjà une position arrêtée sur votre attitude au deuxième tour si jamais vous n’êtes pas dans les deux premiers? D’ailleurs, serez-vous libre de donner une consigne de vote, ou est-ce la direction parisienne qui décidera ?

D'une part, je serai au deuxième tour et d'autre part, je suis trop libre, et mes électeurs aussi, pour imaginer des consignes venues de Paris.


 
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