"C’est la première fois qu’il n’y a rien", avance Xan Estevecorena. Les cerisiers d’Itxassou sont plus légers que jamais cette année. La récolte sera maigre voire inexistante. "Il arrive que certaines années, l’une des variétés soit peu fructueuse mais les trois en même temps, c’est extrêmement rare", ajoute le producteur de cerises.
La variété peloa n’a rien donné. En ce moment la xapata est très rare. Quelques espoirs subsistent de voir encore quelques beltxa mais sans grande conviction.
Cet état de fait, bien triste pour tous les amateurs de la petite perle noire, s’explique par des conditions météo très défavorables cette année. Le temps a été durablement froid et humide, empêchant le fruit de se développer. Une situation qui contraste grandement avec la riche récolte de l’an passé. Une abondance qui devrait aider les producteurs à supporter la pénurie de cette saison. Une quinzaine de fermes d’Itxassou ont développé la production de cerises comme atelier de diversification. Vendu en frais ou transformé en confitures, sirops, liqueurs ou compotes, le petit fruit assure à ces producteurs un complément de revenu non négligeable lors des saisons les plus fastes.
"Si une bonne saison est très appréciable, une mauvaise ne met pas nos fermes en danger", explique Mirentxu Elissalde, l’une des responsables de la fédération des producteurs de cerise d’Itxassou. "Nous savons que nous ne pouvons pas compter sur la cerise tous les ans. C’est une production fragile", ajoute-t-elle. Une production qui demande également beaucoup d’heures de travail à la récolte. Ce sera ça en moins à faire cette année.
La saison de la cerise est aussi l’occasion d’une fête annuelle organisée par la paroisse. Celle-ci aura lieu demain avec plusieurs animations à la clé.
D’autres profitent également de cette date cette année. David Olaizola et ses amis ont décidé de donner naissance à la Confrérie de la cerise d’Itxassou. Une date qui tombe bien mal et qui laisse les producteurs sceptiques sur les objectifs de cette nouvelle institution. Ils n’ont d’ailleurs pas intégré la Confrérie estimant ne pas avoir obtenu les garanties suffisantes que celle-ci ne fasse la promotion que de la cerise d’Itxassou.
"Comme l’affirment nos statuts, notre objectif est de défendre un produit du terroir, la cerise d’Itxassou, et de valoriser le village", affirme David Olaizola. Il précise que tous les produits présents sur le marché artisanal organisé aujourd’hui à l’occasion de la création de la Confrérie seront tous à base de cerise d’Itxassou ou ne seront pas.
"Quand quelque chose se crée dans un village, il y a toujours un peu de méfiance. C’est normal que les producteurs se posent des questions", concède-t-il. Ils pensent que ceux-ci se joindront peut-être à la Confrérie l’année prochaine.
"Par le côté médiatique que nous véhiculons, nous pouvons apporter un plus aux producteurs", estime l’instigateur de la Confrérie qui ambitionne d’organiser à l’avenir un grand événement autour de la cerise à l’image de la fête du Piment d’Espelette.