Le 15e festival Jazz de Saint-Louis, le bilan
Le 15e Festival de jazz de Saint-Louis (nord du Sénégal), qui s’est tenu du 24 au 27 mai, a proposé des artistes de qualité comme l’Afro-Américain Randy Weston, sans parvenir à se départir des retards et approximations ayant déjà terni de précédentes éditions.
Les concerts "in" se sont déroulés au Quai des Arts, dans le quartier Nord de l’île, et les concerts "off", essentiellement du hip-hop et du mbalax (musique locale basée sur des percussions), au stade Babacar Guèye, dans le faubourg de Sor, sur la partie continentale de cette ville historique. Randy Weston, 81 ans, pianiste de renom ouvert sur l’Afrique, s’est produit avec son groupe, le trio African Rythms, au dernier jour du festival. Weston et ses collègues, qui ont invité le joueur de kora sénégalais Ablaye Cissoko, ont ravi un public venu en nombre, poussant les retardataires à s’entasser aux portes de la salle pour suivre leur prestation.
Cissoko, 37 ans, héritier de la tradition des griots mandingues, s’était déjà produit auparavant: d’abord aux côtés d’un quartet conduit par le Français François Jeanneau, autre grosse pointure de la programmation 2007, puis au sein du Saint-Louis Jazz Orchestra, formation locale qu’il dirige. La 15e édition a aussi été marquée par la prestation de Out Time Trio (France), groupe de la saxophoniste Géraldine Laurent, et le concert en solo de l’Autrichien Martin Reiter.
Une des belles surprises a été Pulcinella, quatuor français très inventif mêlant saxophone, flûte, mélodica, accordéon, contrebasse et batterie, avec divers objets dont des jouets, dans un style difficile à classer. La programmation 2007 a cependant péché par de nombreux retards. Beaucoup de spectateurs ont aussi déploré le manque d’enthousiasme du présentateur, sans entrain, souvent expéditif, qui les a notamment sevrés d’un rappel après la prestation de Weston.
Un artiste abandonné sur scène, s’exprimant en anglais sans traduction. Une cymbale qui tombe lors de la prestation d’un batteur. Des hôtesses distribuant des journaux en plein concert. Des spectateurs retardataires et bruyants incommodant public et artistes... La liste des griefs n’est pas exhaustive.
Les organisateurs ont assuré avoir pourtant fait de leur mieux pour que le 15e Saint-Louis Jazz, doté d’un budget de 152 000 euros, soit une édition "de rupture" avec les précédentes, marquées par des déprogrammations et autres couacs. Samba Diop, porte-parole de l’Association Saint-Louis Jazz qui organise le festival, a rejeté certains griefs liés à la technique, en parlant d’un "mauvais procès". "Nous nous sommes organisés tant bien que mal pour lutter contre cela", a déclaré M. Diop, reconnaissant cependant le non-respect des horaires.
Selon les autorités locales, en 15 ans, le festival a notamment permis de développer le tourisme et de diversifier la demande touristique sur "la destination Saint-Louis", ville classée au patrimoine mondial de l’humanité en 2000 par l’Unesco.
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