Top 14 - Demi-finale
Toulouse favori malgré lui
·Depuis la reprise du Top 14 en mars, les Toulousains emportent tout sur leur passage. Guy Novès préfère toutefois rester prudent
Le Stade Toulousain, qui court après le Bouclier de Brennus depuis 2001, ou Clermont, dont le palmarès est vierge du moindre titre de championnat ? Deux affamés s’affrontent cet après-midi (17h15) pour une place en finale du Top 14 de rugby. Un jeu flamboyant, des individualités clinquantes, un pack enfin à la hauteur, et l’expérience forgée au gré des 13 demi-finales jouées consécutivement depuis 1994... Tout concourt à faire du Stade Toulousain le favori de ce match. Et de la course au Bouclier. "On ne se sent pas plus favoris que les autres", rectifie le manager Guy Novès.
Pourtant, les signes positifs sont légion. Depuis la reprise du Top 14 en mars, après la parenthèse du Tournoi, les Toulousains emportent tout sur leur passage. Y compris Clermont, balayé (24-7) le 15 avril au Stadium de Toulouse. Ce jour-là, les Toulousains avaient certes mené quelques relances dévastatrices. Mais ils avaient surtout "pris" les Clermontois sur leurs supposés points forts : la conquête et le combat. "On a pris conscience que pour être bons, il fallait être bons sur les fondamentaux", glisse Jean Bouilhou, vraisemblablement titulaire en troisième ligne aux côtés de Thierry Dusautoir et Finau Maka.
Dubois ou Michalak ?
Dans un camp comme dans l’autre, toutes les zones d’ombre n’ont pas été levées. Noyés dans une approche empruntée à leurs collègues du football, les entraîneurs ne livreront leur composition d’équipe que quelques heures avant le coup d’envoi. Une incertitude concerne l’identité du demi d’ouverture toulousain. Jean-Frédéric Dubois, le métronome, auteur du drop de la victoire (78e) contre Paris en demi-finale 2006, ou le talentueux mais fantasque Frédéric Michalak ? Guy Novès pourrait jauger les conditions météorologiques avant de prendre une décision (Michalak en cas de terrain sec?), sachant que les deux joueurs devraient se partager le temps de jeu. Enfin, le camp toulousain scrute avec anxiété le mollet du talonneur William Servat, qui soigne une déchirure et céderait sa place à Yannick Bru en cas de forfait.
Les Clermontois aligneront eux la plupart des titulaires laissés au repos pour le dernier déplacement de la saison, à Montauban, le 26 mai. Et ils devraient en priorité se concentrer sur la conservation du ballon, face à un adversaire qui guette le moindre ballon laissé en route. Surtout, les Clermontois, victorieux du Challenge européen face à l’équipe anglaise de Bath le 19 mai, tenteront d’abandonner leurs derniers oripeaux de bons perdants. Une réputation qui colle à leur palmarès, vierge du moindre titre malgré sept finales jouées dont la dernière en 2001 contre Toulouse (22-34). "Etre là, cela fait plaisir mais ce n’est pas une fin en soi, avance le manager Jean-Marc Lhermet. On va essayer d’aller plus loin". Comment ? En exhumant certaines séquences dévastatrices, exposées depuis le début de la saison, et notamment le 30 septembre au stade Michelin, où le Stade Toulousain avait été balayé (46-9). Ce succès, face à des Toulousains déboussolés, préfigurait le grand retour de Clermont dans le dernier carré du Championnat après cinq ans d’absence. Qui a ouvert les appétits.
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