Candidats en consultation
·18 candidats aux législatives se sont exprimés sur les revendications de Batera et souhaitent une consultation
La plate-forme Batera recevait samedi, en mairie d’Espelette, les candidats aux législatives des trois circonscriptions présentes au Pays Basque. Objectif simple: que le maximum de candidats se déterminent sur les quatre revendications de Batera, que chacun expose ses points de vue sur les quatre dossiers, et surtout, se prononce sur la pertinence d’une consultation populaire pour trancher la question lancinante d’un département Pays Basque. Dans ce registre, qu’ils soient pour ou contre la création d’un département Pays Basque, 18 prétendants au poste de député se sont prononcés pour cette consultation de la population, soit la totalité des candidats présents samedi matin à Espelette auxquels se sont joints le député sortant du MoDem, Jean Lassalle et le représentant de l’UMP, Hervé Lucbéreilh.Il faut dire qu’en contrepoint, "13% des électeurs du Pays Basque ont signé" cette demande de consultation a rappelé le coordinateur de Batera, Panpi Dirassar.
Si dans le détail, cette demande très simple a fait l’unanimité (lire aussi ci-contre), en revanche les revendications de Batera suscitent au mieux le débat, au moins un éclaircissement. Département Pays Basque, officialisation de la langue basque, Université de plein exercice ou Chambre d’agriculture du Pays Basque, les candidats présents n’avaient pas que des opinions tranchées.Mais les porteurs de ces quatre dossiers au sein de Batera étaient présents en mairie d’Espelette pour apporter précisions et éclaircissements, et poser les problématiques en deux coups de cuillère à pot.On a même frôlé le débat qui ne pouvait avoir lieu faute de temps lorsque Daniel Romestant, suppléant de Marie-José Espiaube sur la Ve circonscription, a rappelé la position du Parti communiste français contre la création d’un département Pays Basque dont il ne voit pas "à quoi ça sert".Il s’est pourtant prononcé pour la consultation de la population, tout en contestant la légalité et la légitimité de cette démarche.Pour les mêmes raisons, Marie-José Espiaube est contre.
Curiosité
Une curiosité, d’autant que Sauveur Bacho, maire d’Arbérats et président de l’Association des Elu(e)s pour un Département Pays Basque a brandi le blindage légal de "lois qui permettent cette consultation" et s’adressent aux compétences du Gouvernement. Preuve en tout cas que les candidats peuvent parler en leur nom propre, comme Sylviane Alaux, candidate du PS sur la VIe circonscription, qui adhère aux revendications de Batera en se situant "parfois même contre {son} parti". Pourtant, si le candidat PS de la Ve circonscription, Jean Espilondo, rejette les revendications de Batera en bloc, Jean-Pierre Domecq, candidat PS de la VIe, s’est prononcé pour la tenue d’un référendum, le "soutien" à la Chambre d’Agriculture et le développement "par tous les moyens" de l’enseignement des langues basque et béarnaise.En sa qualité d’universitaire, il s’est montré "réservé" sur le bien-fondé d’une université autonome "parce que l’université française est en pleine réflexion" et qu’il juge inutile d’y ajouter une "pression locale".Il a cependant adhéré aux arguments de Juliette Bergouignan, responsable du dossier universitaire au sein de Batera, qui lui objectait : "si on attend l’avis des universitaires, on va attendre longtemps".Exemple avec l’Estia ou la filière surf dont les créations au Pays Basque n’ont pas été permises avec l’Université de tutelle de Pau et des Pays de l’Adour.
Si certains partis semblent divisés sur ces questions, la coalition de la gauche abertzale a en revanche fait bloc samedi pour défendre, au nom de ses trois candidats, le développement du Pays Basque par les quatre axes de la proposition Batera.Pour la LCR, le candidat de la IVe Jean Haïra s’est également prononcé en ce sens mais avec une perspective antilibérale. Enfin, Martine Bisauta a résumé, pour le parti vert dans la Ve circonscription, le sens de son adhésion aux revendications de Batera et à la Consultation à laquelle elle "ne comprend pas qu’on puisse s’opposer".Elle a cependant mis un bémol quant à la compréhension de ces revendications par les habitants du Pays Basque, en évoquant "des mots qui font encore peur comme autonomie" ou même "co-officialité".C’est sûr, le grand public ne doit pas tout comprendre, si l’on en juge par les zones d’ombre qui persistent chez certains candidats au siège de député.
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