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Top 14
Biarritz à l’usure
·Saison terminée sans rien à se mettre sous la dent, le BO fait les frais d’un certain effritement. Pourtant, les Biarrots sont prêts à rebondir dès la saison prochaine
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La saison est terminée pour le BO. Sorti en demi-finale du Top 14 par le Stade Français (18-6), Biarritz se voit aussi délivré d’une année chaotique, pénible, conscient qu’après deux années pleines trois finales et deux titres une "usure" inévitable menaçait en 2007 d’écrire la fin d’une page. Comme en quart de finale de Coupe d’Europe face à Northampton (6-7), sans doute leur plus amère désillusion de la saison, les Biarrots ont été coulés
samedi sur une interception, un essai de plus de 60 mètres : en avril à Anoeta celle de l’Anglais Kydd, vendredi à Bordeaux celle de Liebenberg. Un coup de dés, un de ces "peu choses", comme les en-avants (Noirot puis Bosch) sur l’en-but parisien, qui auraient fait basculer le match ? Cela, et bien davantage. "Plein de choses n’ont pas tourné cette saison comme les autres saisons, et ont manqué contre Paris", analysait l’ailier kanboar Philippe Bidabé. Car au-delà des déceptions, celle de l’occasion d’un triplé historique, des adieux ratés à Thomas Lièvremont (7 ans au BO, 3 titres) malgré l’ovation finale du public, pointait une sorte de fatalisme, le sentiment d’une logique respectée, à la fois sur la soirée et sur la saison. "Cette saison a été tout sauf facile", analysait le co-entraîneur Patrice Lagisquet, rappelant le jeu en souffrance du début, les blessés en cascade, la défaite qui complique tout (16-21 contre Toulouse fin décembre), puis, après le coup de massue européen, la fin passée à cravacher pour une place en demies.
"Immortel"
Cette énergie déployée, ces remises en question, ni dramatiques ni reposantes, à chaque coup d’arrêt, ont eu un prix. "Cette confiance que l’on acquiert au cours d’une saison, quand tu te sens fort, (que) tu sais que tu vas aller au bout, là, on ne l’avait pas", poursuit-il. "On a eu du mal à enchaîner les performances, à se retrouver, se transcender dans les grands moments. On s’est traînés un peu", acquiesce Bidabé. "Sur la fin à l’orgueil, on s’est qualifiés pour les demies. Et là, à l’image de notre saison, on aurait pu, mais on n’a pas réussi".
"Honnêtement, il y a une usure mentale et physique après deux saisons aussi complètes", avec deux Boucliers de Brennus (2005, 2006), une demi-finale (2005) et une finale européenne (2006), reprenait Lagisquet. Un écho aux questions soulevées par moments cette saison par l’encadrement, sur le degré d’engagement, d’investissement, d’un groupe soupçonné de se sentir "immortel". "Malgré ce phénomène d’usure, les joueurs ont beaucoup donné, il faut les en féliciter", pardonnait l’entraîneur, projeté déjà sur 2007-08, le travail et les expériences qui seront possibles pendant la longue préparation (quatre mois). Et alléché par les promesses des recrues de l’été 2006 (les Bosch, Dridi, Dellape, Cabannes, Masi) "très intéressants, qui ont grandi au fur et à mesure de la saison, mais ne sont pas encore arrivés à maturité avec nous". Car le BO, assure son président Marcel Martin, repartira avec l’ambition d’être présent aux deux finales 2008 (Europe et Top 14). Avec une précieuse stabilité aussi (Lièvremont et Bobo seuls cadres partant à ce jour). Et le drôle de sentiment que, même en une "année sans", il n’est pas passé loin.
Paris-clermont, la finale de la régularité
L’accession du Stade Français et de Clermont à la finale du Top 14, disputée samedi au Stade de France, récompense le parcours des deux équipes les plus régulières de la première phase. Les Parisiens, victorieux de Biarritz (18-6) vendredi soir à Bordeaux, ont occupé la première place du Top 14 de la première journée, mi-août 2006, à la dernière, le 26 mai. Les Clermontois, qui ont éliminé le Stade Toulousain (20-15) samedi à Marseille, ont eux intégré le quatuor de tête pour la première fois lors de la 7e journée (23 septembre) et ne l’ont plus quitté depuis la 9e journée (30 septembre). Les Auvergnats ont d’ailleurs occupé la deuxième place pendant une grande partie de la saison, avant de la céder au Stade Toulousain, finalement éliminé en demi-finale, samedi à Marseille.
Ces deux équipes au parcours métronomique s’affronteront pour la première fois en finale et présentent des palmarès diamétralement opposés. Le Stade Français disputera la 21e finale de son histoire. Surtout, le club parisien a brandi à 12 reprises le Bouclier de Brennus, alors que Clermont n’a jamais décroché le moindre titre malgré 7 finales disputées entre 1936 et 2001.
Duel fratricide des Ledesma
Inédite, cette finale sera marquée par l’absence des clubs du sud de l’hexagone pour la première fois depuis 1970. Cette année-là, La Voulte avait battu Montferrand (futur Clermont) 3 à 0. Cette finale sera également marquée par l’opposition directe entre les frères argentins Ledesma : l’aîné Mario, 34 ans, est talonneur de Clermont, alors que Pedro, 21 ans, occupera le poste de pilier droit du Stade Français. Arrivé à Paris en cours de saison, Pedro Ledesma compense les absences des internationaux Sylvain Marconnet et Pieter De Villiers, blessés. L’opposition directe entre les frères Ledesma pourrait constituer l’une des clés du match.
Les deux clubs se sont déjà affrontés à deux reprises dans le cadre de la phase préliminaire du Top 14 depuis le début de la saison : le Stade Français avait battu une équipe "bis" de Clermont (45-13) au match aller le 30 août 2006 au stade Jean-Bouin, avant de s’incliner (29-17) au match retour le 2 décembre.
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