Gara: Latest news - Printed edition  |  Le Journal |  Documents
 
EUS | ES | FR | ENG
 » PRINTED EDITION
  - Index
  - Sujet à la une
- Basque Country
- Local
- Opinion
- Culture
- Sports
 » DOCUMENTS
 » Hemeroteka
Le JPB > Sujet à la une 2007-06-30
Entre les Skatalites et Tokyo ska paradise, un festival à contretemps espère sa renaissance
·16000 et 18000 personnes sont attendues jusqu’à dimanche soir à la douzième édition de Euskal Herria zuzenean

Un festival à contretemps, comme cette musique, le ska, qui ouvre et ferme la douzième édition d’Euskal Herria Zuzenean. Hier soir, sur la plaine de Mendy, les Skatalites ouvraient le bal pour leur deuxième passage sous les auspices d’EHZ. Une charge affective, qui évoque la rigueur classique de cette musique jamaïquaine par ceux qui la défendent depuis 1963, les Lloyd Brevett, Lloyd Knibbs ou la chanteuse Doreen Sheaffer.Une émotion qui rappelle une autre édition du festival, la dernière à Arrosa, et quelques bons moments à se déhancher en pliant les genoux, avec les mêmes.

D’un festival à l’autre, le temps passe, toujours à contretemps. Car entre-temps, d’autres festivals fleurissent, dans une frénésie de la programmation, à grands renforts de sponsors privés.Une surenchère de l’affiche, qui voit éclore des concerts pantagruéliques, notamment de l’autre côté de la Bidassoa. "Euskal Herria zuzenean n’est pas un festival commercial et c’est de plus en plus rare" consent le chanteur Fermin Muguruza, qui se perdra aussi dans les contretemps ska et reggae, ce soir sur la scène d’Idauze Mendi. Et puis dimanche, les incroyables Tokyo ska paradise clôtureront cette douzième édition dans une joyeuse cure de jouvence de la musique ska, ancêtre rythmée du reggae, en souhaitant sans doute signer également la renaissance d’un festival à contretemps. Et dans ce registre, Euskal Herria zuzenean reste fragile pour sa quatrième édition en Soule.

Le festival n’a plus de réserves financières et chaque édition doit se suffire à elle-même.Pour autant, les organisateurs n’avaient pas l’air inquiets hier après midi, en effectuant les derniers réglages sur le site. Cette année, 756 bénévoles sont mobilisés et les organisateurs attendent entre 16 000 et 18 000 personnes sur les trois jours, soit la même jauge que l’an passé. Et surtout, autant de spectateurs perçus comme des "consom’acteurs" par des organisateurs ravis de véhiculer des valeurs plutôt qu’une affiche écrasante.On est loin d’un énième Heineken festival qui exhorte à "penser en vert", ou d’un festival conçu par des labels de production.

Il sera d’ailleurs question de cela d’une façon indirecte, au fil d’une conférence qui réunira sur le site des représentants des associations Leia, Aht, Cade et le collectif anti OGM pour poser le problème de la surconsommation en termes de "subir ou agir ?" Bien entendu, la réponse coule de source sur la pelouse d’Idauze Mendi, surtout si la question se formule ainsi : "pourquoi continuer à faire des grands projets qui vont contre l’intérêt général?" Certes, il s’agit davantage des ressources de la planète, mais à ce jeu, le monde de la musique affiche les mêmes combats en défendant une certaine éthique de la scène contre le rouleau compresseur marchand. Et si le festival EHZ n’aligne pas toutes les têtes d’affiches disponibles, la programmation n’en reste pas moins léchée et propre à secouer les foules.

Hier soir déjà, outre les increvables Skatalites, gardiens du temple ska, le festival a choisi de donner un ton énergique avec les impayables Gojira, le plus célèbre groupe de métal d’Ondres, à peine rentré d’une tournée aux Etats-Unis.Également à l’affiche sur la même scène, les indestructibles punks navarrais de Lendakaris muertos, qui saccagent toutes les scènes qui s’offrent à eux au Pays Basque sud mais ne s’offrent eux-mêmes que rarement en Pays Basque nord. Ambiance 1977, pour ces presque quadra nostalgiques des Sex Pistols, qui avancent tout droit dans la mélodie en balançant des textes ciselés, cinglants et ironiques. Une merveille pour les puristes et les amateurs de bonnes conneries qui devaient laisser la place hier soir à un mix spécial de deux heures de John Lord Fonda pour clôturer cette première nuit.

Parmi la trentaine de groupes présents à cette douzième édition, la scène basque sera représentée par Delorean, le groupe pop-rock du moment, Karidadeko Benta qui semble avoir du sang slave qui se balade entre la musique cuivrée et les bons mots du bertsulari Jon Maia, Kepa Junkera et son dernier album ciselé, Herri, Lisabo et bien sûr Fermin Muguruza, gonflé par une tournée internationale et quelques hauts faits d’armes en Jamaïque, pour l’enregistrement de son album, et jusqu’à Moscou plus récemment (lire ci-dessous). Parmi les exclusivités de cette édition, après John Lord Fonda hier soir, les festivaliers pourront apprécier demain le groupe Tokyo Ska Paradise Orchestra, qui a déjà vendu plus d’un million de disques dans le monde entier et n’effectue qu’une brève tournée en Europe et enfin Mouss & Hakim du groupe Zebda qui se produiront pour leur seule date de l’été. Comme pour les autres éditions, les artistes partageant les valeurs du festival comme les Ogres de Barback et La phaze ont une place privilégiée au sein de la programmation. Enfin, des groupes prometteurs attendent de se révéler pour cette nouvelle édition, comme I love ufo, coup de c¦ur de nombreux festivals l’an passé, Familha Artus, alliant musique traditionnelle gasconne et électro, ou encore les gagnants toulousains du tremplin EHZ, La rue des pavots, plébicités notamment par les jeunes du gaztetxe d’Itxassou.



Fermin Muguruza vise le monde comme les sept provinces
R. R.

Le monde selon Fermin Muguruza à l’air très simple. D’un côté, il y a le Pays Basque, de l’autre, le reste du monde. Pas une dualité pour autant, plutôt une complémentarité, qui le fait jouer d’un Moscou à l’autre et de continents en provinces basques. Une vaste tournée intitulée Talka tour 2007 comme un "clash" entre le Pays Basque et la Jamaïque, plutôt réussi à en juger par son dernier album enregistré dans le berceau insulaire du reggae, et justement intitulé Euskal Herria Jamaika Clash. Une tournée articulée en trois étapes, qui l’a d’abord mené avec ses treize musiciens basques et caribéens de Paris à Saint-Jean-Pied-de-Port, au Mexique ensuite, avant d’entamer dans un troisième temps des concerts à Bilbao, à Berlin, au Japon, en Catalogne, à Moscou et à Idauze Mendi. Il s’agit pour le chanteur basque de mener de front une tournée dans tous les continents et dans toutes les provinces basques : "j’essaye toujours de jouer partout dans le monde et dans Euskal Herria" explique-t-il. Avec d’étranges résonances parfois, pour le leader de Kortatu, né autour de la place dite Moscou d’Irun, qui vient d’effectuer son premier concert à Moscou, la vraie capitale russe, devant 300 personnes. "C’était incroyable" s’émeut-il. D’autant, ajoute-t-il, qu’en raison d’un "problème avec la mairie d’Irun", il n’a pu se produire dans sa ville. "Alors je joue dans la grande Moscou" se marre-t-il. Au festival EHZ, Fermin est en revanche toujours bien accueilli. La dernière fois, c’était pour présenter son Dub manifeste. Pour son troisième passage au festival, Fermin entend aider "un festival charismatique", un rendez-vous "pas commercial" et "très important", notamment pour faire émerger de jeunes groupes. Il évoque aussi les bénévoles qui font le festival, un facteur culturel et basque, et un festival à visage humain. Fermin jouera une heure, sans les bons vieux morceaux qu’il a repris à Garazi.


 
Print
 
...More news
Sujet à la une
Entre les Skatalites et Tokyo ska paradise, un festival à contretemps espère sa renaissance
Sports
Malgré la concurrence, il faut que je prouve que je peux jouer dans cette équipe
Pays Basque
Vautours : 30000 € pour des expertises vétérinaires
Pays Basque
Une bombe neutralisée devant le Square Habitat de Saint Palais
  © 2006 Baigura | Contact | About us | Advertise