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Le JPB > Sujet à la une 2007-07-10
Plus de 520 hectares de parcelles OGM semées en Pays Basque
·Ces parcelles de maïs se situent dans quatre cantons du nord, celui de Bidache en concentrant 480 hectares

Depuis quelques jours, le Registre National des Cultures OGM permet de situer où se trouvent les parcelles semées en maïs génétiquement modifié. La localisation se réduit toutefois au canton concerné ce qui permet de savoir que 521 hectares ont été ensemencés en Pays Basque nord, soit 42% des 1238 hectares concernés dans le département. Ces 128 parcelles sont concentrées dans quatre cantons à la limite des Landes et du Béarn. Celui de Bidache réunit à lui seul 480 hectares de maïs OGM répartis en 116 parcelles. Trois parcelles totalisant 20,80 hectares sont recensées sur le canton de Labastide Clairence et huit parcelles de 18,62 hectares au total sur celui d’Amikuze. Enfin, un champ de 1,80 hectare se trouve également sur le canton de St-Pierre-d’Irube. A noter que tous les cantons landais et les principaux cantons béarnais (à l’exception de la montagne béarnaise) qui jouxtent le Pays Basque possèdent également des parcelles ensemencées en maïs OGM.

Tous ces champs accueillent le maïs génétiquement modifié MON 810 de la firme Monsanto. C’est la seule culture à vocation commerciale autorisée dans l’hexagone. Elle est conçue pour produire un insecticide et résister ainsi à la pyrale du maïs.

En avril dernier, des dizaines de militants anti-OGM avaient occupé une semaine durant le siège de Lur Berri à St-Palais pour que le principal vendeur de semences du Pays Basque renonce à vendre des semences de maïs génétiquement modifié. Les responsables du groupe s’étaient alors engagés à "refuser toute demande de production de maïs OGM inférieure à 7 ha" et à "renforcer significativement les distances réglementaires par rapport à chacune des autres productions".

"Dans ces conditions, il n’y a pas de demande en Pays Basque", avait alors précisé le président de Lur Berri.

Hier, Sauveur Urrutiaguer ne voulait pas faire de commentaire avant d’avoir pris connaissance des informations publiées par le site du ministère de l’agriculture. Il a seulement assuré que Lur Berri n’a pas vendu de semences OGM sur le canton d’Amikuze.

De son côté, Jean-Michel Anxolabehere a estimé qu’il "faut rester rationnel". "Les surfaces en OGM se limitent à 1200 hectares dans le département, soit 1,5% des surfaces totales en maïs. Il n’y a pas d’inquiétude à avoir pour approvisionnement des filières de qualité que sont les AOC ou l’agriculture biologique", a commenté le président de la chambre d’agriculture des Pyrénées-Atlantiques. S’agissant des contaminations possibles, l’agriculteur de Baigorri reconnaît que "la crainte existe car le risque existe". Toutefois, "même s’il y a contamination sur une surface équivalente à celle qui est ensemencée, on reste à 2400 hectares", fait remarquer J-Michel Anxolabehere. L’important selon lui est avant tout "d’apprendre à coexister en bonne intelligence". Il souhaite enfin que les semis de cette année servent "à acquérir une expérience en termes de surveillance et de traçabilité et à voir les limites du système".

"On ira sur place"

Les opposants aux cultures OGM devaient se réunir hier soir à Hélette pour décider de la suite à donner à leurs actions. "Il y aura une réaction, on se rendra sans doute sur place", a commenté Daniel Barberarena, l’un des membres du collectif anti-OGM du Pays Basque.

En plus de dénoncer "l’imposition des OGM par une poignée d’agriculteurs à tous les autres", l’agriculteur d’Iholdy a estimé qu’en cultivant des OGM, la région de Bidache se ferme aux possibilités de complémentarité entre la plaine et la montagne. "Avec la multiplication des OGM, le prix du maïs de qualité risque d’augmenter. Ces agriculteurs perdent le bénéfice que leur aurait permis la vente de leur production aux éleveurs de montagne" selon Daniel Barberarena.



Une "menace inacceptable" selon Rousset
La culture de 5000 hectares de maïs transgénique en Aquitaine est une "menace pour les produits aquitains de qualité" a estimé le président de la Région. Alain Rousset a pris connaissance "avec inquiétude" des données publiées par le ministère de l’agriculture. Les OGM ensemencés en Aquitaine représentent 25% des surfaces OGM de l’hexagone .

"Aujourd'hui, rien ne permet de garantir des conditions sécurisées d’une coexistence entre ces cultures transgéniques et celles de nos produits de qualité en Aquitaine", a estimé Alain Rousset. Le président du Conseil régional a dénoncé "l’immobilisme du gouvernement français alors que l’Allemagne et l’Autriche ont fait le choix d'un moratoire sur le maïs MON 810".

Les choix gouvernementaux "ne participent pas à l’organisation d'un débat serein lors du futur Grenelle de l'environnement" selon la région. Alain Rousset a souligné que "la Région Aquitaine mène depuis de nombreuses années une politique en faveur d'une agriculture de qualité et respectueuse de l'environnement".

"Le risque économique et environnemental que fait courir la culture d’OGM en plein champ à l'agriculture aquitaine et à la biodiversité est inacceptable" pour Alain Rousset.


 
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