Sept interpellations, un blessé et une pluie de coups, c’est la récolte des militants anti-OGM qui ont tenté de manifester leur volonté d’un moratoire sur les cultures génétiquement modifiées vendredi à St-Jean-de-Luz. Les forces de l’ordre qui encadraient le déplacement de Nicolas Sarkozy n’y sont pas allées de main morte, un policier en civil interpellant même un CRS par un "du calme, on est là pour les contenir". Les personnes arrêtées ont été laissées libres quelques heures plus tard."L’Etat a choisi son camp sans débat. Quelle urgence justifiait que l’on autorise les semis en plein champ ? Il y a un réel problème sur le terrain et le gouvernement doit l’entendre", a commenté Jon Harlouchet, l’un des responsables du collectif Alerte OGM du Pays Basque.
La position gouvernementale d’attendre les Grenelles de l’Environnement qui déboucheraient sur une loi réglementant les cultures OGM en octobre ne satisfait pas les militants anti-OGM. "Face à la contamination imminente, il est encore possible de prendre une décision de récolte préventive des cultures, pour éviter tout risque de contamination des filières de qualité. C’est une condition incontournable à la tenue d’un débat constructif", estiment-ils.
Vers de fortes tensions dans les campagnes
Le collectif Alerte OGM a également dénoncé la réponse qui leur a été faite vendredi par le ministre de l’agriculture Michel Barnier qu’il a rencontré dans la matinée. "Avant même la tenue du Grenelle de l’environnement, M. Barnier a confirmé son engagement pour la poursuite des semis en plein champ", ont déclaré les militants.Pour Jon Harlouchet, si le Grenelle ne débouche pas sur un moratoire, les tensions risquent d’être très fortes dans les campagnes l’année prochaine, une situation dont le gouvernement ne prend pas la mesure selon lui. "Déjà on voit ce qui se passe cette année avec le semis de 2% des surfaces de maïs en OGM. Ce taux risque d’augmenter et avec lui les risques de contamination des autres cultures", affirme-t-il.
Le développement des OGM se fait "au détriment de tous et pour gagner quoi?" s’interroge le collectif. Selon lui le gouvernement doit choisir entre "faire plaisir aux semenciers" ou "faire preuve d’un peu de sagesse".