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Le JPB > Culture 2007-09-22
L’Atalante rempile pour une nouvelle saison sans "faire appelle à Harry Potter"
·Le cinéma bayonnais vient de conclure sa saison sur un "bilan équilibré" et entame une toute nouvelle programmation

A contre-courant, il faut savoir tenir la barre. Aux commandes depuis plusieurs saisons, maintenant, Jean-Pierre Saint-Picq et Sylvie Larroque maintiennent le cap. Un cap qui déborde soigneusement par la gauche, les sirènes des "grosses machines du cinéma hollywoodien" et par la droite, les difficultés financières inhérentes à tout navire qui emprunte un tel chenal pour voguer librement.

Un "bilan équilibré". Des mots qui sonnent toujours dans un soupir de soulagement lorsqu’à la fin de la saison, il s’agit de jeter un ¦il sur les "résultats financiers". Et même si le "comptable n’a pas révélé les chiffres", le cinéma bayonnais peut souffler cette année encore. La recette, selon Jean-Marc Saint-Picq : "des charges maîtrisées". Car côté entrées, on reste dans la fourchette des années précédentes avec 95 000 places vendus (ce qui est un tout petit peu moins bien que la saison passée et ses 102 000 spectateurs).

Par "beau temps et par tempête"

L’Atalante vogue donc. Par beau temps comme par tempête. Et ce qui est sa force est aussi sa faiblesse. Un cinéma d’auteur, engagé, fidélise mais pose souvent des problèmes de "rentabilité", terme pourtant honni par les programmateurs eux-mêmes. Et l’Atalante c’est tout de même douze emplois dont huit CDI. Douze "marins" qui en ont subi des reflux, sans jamais passer par-dessus bord. Un hiver calamiteux, et un été qui a "bien rattrapé les choses". Une saison passée à craindre et respirer, mais en dévoilant à son public et ses 1400 adhérents des ¦uvres peu projetées. "Nous laissons nos films en moyenne trois semaines à l’affiche, ce qui est une durée plus longue que celle adoptée par les grosses chaînes de cinéma, précise Sylvie Larroque, chargée de la programmation. Il y a cependant des exceptions. Persepolis, que nous avions fait découvrir avant sa récompense cannoise, est toujours en salle". D’autres perles ont été ainsi dévoilées : Le j’attends quelqu’un de Jérôme Bonnell ou encore le We feed the world d’Erwin Wagenhofer, projeté à l’occasion des Rencontres sur les Docks au printemps dernier, ont eux aussi eu leur "petit succès". "On arrive à réussir sans passer Harry Potter". La phrase, récurrente dans la bouche de Jean-Marc Saint-Picq sonne comme un slogan.

A la jonction des saisons, on souffle donc. Mais pas longtemps, car la rentrée cinématographique frappe déjà aux portes battantes du cinéma bayonnais. Et rester fidèle à ses objectifs et à une ligne de conduite engagée et militante demande une abnégation supplémentaire.

Le partenariat, toujours. Métier oblige, l’Atalante se mue à son tour en acteur d’une vie culturelle locale qui fourmille d’événements adéquats. Le Festival latino-américain biarrot (Avec la projection de la version longue du film de Maina Bidegain, Secretos de Lucha, en avant-première le 19 octobre), le festival Baiona et les Translatines en octobre (avant-première de XXY de Lucia Martel), on ne badine pas avec les grands rendez-vous. Le tout devancé sur la date, par une participation au Potéo atypique "trabouléen" avec la projection de La moindre des choses de Nicolas Philibert, vendredi prochain.

Autre grand rendez-vous en forme de "cycle cinématographique", cette fois consacré au savoir-faire "british" : La vie sur pellicule de Ian Curtis par Anton Corbijn dans Control, le This is England de Shane Meadows ou encore, en avant-première, le nouveau long-métrage de Ken Loach, It’s a free world. Un dernier film qui donnera l’occasion à l’Atalante de fêter ses adhérents en leur organisant une soirée, avec préparation de cèpes en supplément le 9 octobre.

En attendant, fidèle à sa réputation de "découvreur de jeune talent", l’Atalante propose un film percutant sur les rapports garçons/filles dans les cités au titre on ne peut plus évocateur, Regarde-moi, de la réalisatrice on ne peut plus jeune, Audrey Estrugo. Celle-ci s’est d’ailleurs déplacée avant-hier pour une première projection qui de l’avis de beaucoup, promet un beau succès. "C’est à l’origine un court-métrage uniquement dédié aux regards des jeunes femmes en banlieue, a expliqué cette dernière, lors de la conférence de presse de présentation. Un film qui ne "fait pas directement référence aux problèmes des banlieues" même si les comportements en sont tout de même conditionnés.

Regarde-moi, un titre plein d’évocation au moment ou l’Atalante aborde une nouvelle saison.


 
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