"Qui est responsable en cas de contamination OGM d’un agriculteur engagé dans une démarche de qualité en interdisant la présence?" La question posée hier lors de la session de la Chambre d’agriculture des Pyrénées-Atlantiques, qui se tenait à Hasparren, n’a aujourd’hui aucune réponse. "Nous devons obtenir des éclaircissements pour ne pas qu’il y ait d’ambiguïté sur l’interprétation des textes", a estimé Jean-Michel Anxolabehere, le président de la Chambre consulaire. Il attend notamment que des éclairages soient fournis par les résultats du Grenelle de l’Environnement. En attendant, la chambre ne s’avance pas à se prononcer pour la promotion ou pour l’interdiction des cultures OGM. Pour elle, "toutes les formes d’agriculture doivent pouvoir coexister dans le département".
"La chambre d’agriculture ne peut pas dire : à partir d’aujourd’hui nous préconisons l’interdiction des OGM, ou au contraire, nous voulons le développement des cultures OGM sans se préoccuper de ce qu’il y a autour. Les choses ne sont pas aussi tranchées. Ce serait trop facile de s’exprimer ainsi", a déclaré Jean-Michel Anxolabehere. Le sujet est sans doute trop délicat et c’est pourquoi cette institution estime que les chambres d’agriculture doivent se positionner au niveau régional car "une décision à une plus grande échelle permet d’être plus efficace".
Si l’organisme, dirigé par les agriculteurs de la FDSEA, répète la nécessité d’une réglementation, il avance que "ce n’est pas à la profession d’en trancher le contenu".
"Nous avons conscience que plusieurs formes d’agriculture doivent coexister dans le département. Les OGM ne représentent que 1% des surfaces cultivées de maïs qui sont elles-mêmes loin d’être majoritaires dans la surface agricole. Il y a donc facilement de quoi approvisionner les filières non OGM sur les parcelles qui restent", a affirmé le président de la chambre en répétant sa "priorité" de veiller à ce que les agriculteurs des filières de qualité aient la garantie de s’approvisionner en produits non OGM.
Le développement des cultures transgéniques inquiète encore moins Jean-Louis Lafitau, autre responsable de la chambre d’agriculture. "Si les OGM permettent d’utiliser moins de produits phytosanitaires, c’est quand même un plus pour la profession. On ne peut pas refuser le progrès qui nous permettrait de produire plus et mieux", a indiqué l’agriculteur de Castet-Candau (Béarn) voyant un "paradoxe" à refuser ces outils dont la finalité va selon lui "dans le sens des demandes de la société".
La session d’hier a également évoqué l’épisode de grêle qui a ravagé la production de Piment d’Espelette et l’opportunité de constituer un dossier d’aides au titre de calamité agricole.