Gara: Latest news - Printed edition  |  Le Journal |  Documents
Google
EUS | ES | FR | ENG
 » PRINTED EDITION
  - Index
  - Sujet à la une
- Basque Country
- Local
- Opinion
- Culture
- Sports
 » DOCUMENTS
 » Hemeroteka
Le JPB > Culture 2007-09-29
festival de saint-sébastien
Un cinéma de genre à Zinemaldia
·Un prix pour les femmes, une journée de sensibilisation, l’image des femmes au festival est changeante et sans concession

Elle s’approche en souriant et demande aux festivaliers qui poireautent devant le Kursaal d’adhérer à sa cause en arborant un badge.Enigmatique, celui-ci indique "- es +’."C’est pour les violences faites aux femmes" explique la jeune femme."Pour ou contre ?", s’amuse ce festivalier qui se laisse épingler. La jeune femme rit et s’en va.Ainsi s’annonce au c¦ur de Zinemaldia, un espace visant à sensibiliser, le temps d’une journée, les plus jeunes sur les violences faites aux femmes.Une façon, pour ce projet européen, d’envisager un prix pour un cinéma qui entend "être la voix de celles qui se taisent".Au c¦ur de Zinemaldia, l’affaire est entendue.A l’écran, c’est une autre affaire.On attend de voir quel film va recevoir le prix "L’autre regard" que la Télévision Espagnole (TVE), partenaire du Festival vient de créer.une récompense destinée à mettre en relief un "cinéma qui traite de thèmes proches de l’univers féminin", qu’il soit réalisé par un homme ou une femme. Une façon "d’encourager l’égalité entre les personnes indépendamment de leur sexe, leur race ou leur religion" dit la chaîne.Pourtant, le septième art, digne reflet du monde, ne porte pas toujours cette égalité à l’écran.Sans parler des tapis rouges qui portent encore des plantes vertes, siliconées de frais, comme autant de femmes objets décoratives.

A l’écran, cela devient vite pathétique, notamment dans le film Encarnacion, de la réalisatrice argentine Anahi Berneri, qui met en scène dans la sélection officielle, une ex-starlette argentine qui se rêve toujours en Lolita malgré son âge. Erni est actrice, dit-elle. Quinquagénaire ou presque, elle garde une allure jeune mais de près, les longs cheveux teints en blond, le lifting et les faux seins ne suffisent pas à tenir la baraque debout. Son agent lui trouve encore quelques passages des films publicitaires, elle a un jeune amant, fait tourner les têtes dans la rue, maisŠ Sa nièce de 15 ans l’invite à sa fête d’anniversaire, elle débarque dans sa lointaine campagne comme un OVNI. Son frère a décidé de lui piquer sa part des terres, sa belle-s¦ur voit d’un très mauvais ¦il son influence sur sa fille. Dernières cartouches d’une femme qui a tout misé sur sa beauté. Cruelle, la caméra. Au plus près des rides, plis et rictus, comme un oiseau de proie. Pas un sourire sur ses lèvres tirées. Dans la plus grande solitude, Erni avance sans un mot, à la rencontre d’elle-même.Une réflexion sur le passage du temps au féminin. Le film met en miroir deux femmes, Erni, ancien sex-symbol de séries B et de la télévision argentine, qui refuse l’âge et l’oubli, et sa nièce de 15 ans, Ana, une Lolita qui la prend pour modèle et veut devenir femme au plus vite.

Toujours dans la sélection officielle, deux films consacrés aux femmes donnent des images très différentes.Le film espagnol Siete mesas de billar francés (Sept tables de billard français) de la réalisatrice Gracia Querejeta a reçu une belle ovation après sa projection, malgré un film plus proche d’un téléfilm de début de semaine que d’une ¦uvre en compétition dans un festival. Ce film est "une tentative d’aborder les problèmes de gens ordinaires sans abandonner une certaine forme d’humour ou d’ironie", a expliqué la cinéaste, fille d’un producteur qui a coutume de dégoter des films à Zinemaldia.Siete mesas de billar francés est l’histoire d’Angela (jouée par Maribel Verdu) qui décide après la mort de son père de donner une nouvelle orientation à sa vie en relançant la salle de billard que possédait celui-ci. Angela va tenter de remettre sur pied l’équipe de billard que son père avait constituée et va découvrir la face cachée du décès de celui-ci. Le deuxième film en compétition est une ¦uvre plus obscure du réalisateur hong-kongais Pang Ho-Cheung sur une organisation secrète de femmes pour exterminer les hommes (Lire aussi l’édition d’hier). "J’ai eu l’idée de ce film en voyant les femmes aller ensemble aux toilettes. Je me suis toujours demandé de quoi elles parlaient et si elles conspiraient", a déclaré le réalisateur à la presse. Exodus, sixième film de ce cinéaste de 34 ans, a été accueilli par de timides applaudissements. A Donostia, il n’y a aucun cinéma classé Art et Essai pour passer l’hiver.



Honneur à la Scandinavie pour le dernier jour
La Scandinavie était à l’honneur hier, au dernier jour de compétition du festival Zinemaldia, qui remet un prix honorifique à l’actrice norvégienne Liv Ullmann et projette le drame très cru Daisy diamond du Danois Simon Staho. A la veille du verdict du jury, présidé par l’écrivain américain Paul Auster, les films favoris sont Eastern promises du Canadien David Cronenberg et Buddha collapsed out of shame de la réalisatrice iranienne de 18 ans Hana Makhmalbaf. Les retrouvailles d’un père chinois et de sa fille mises en scène par Wayne Wang dans A thousand years of good prayers et la musique entraînante de Honeydripper de John Sayles sont aussi deux sérieux prétendants à la Concha d’Or, qui sera remise ce soir. Mais rien n’est jamais sûr sur les bords de la Concha, comme on a pu le constater l’an passé.La star américaine Demi Moore doit clôturer aujourd’hui la 55e édition du festival en présentant hors compétition Flawless, dernier film du Britannique Michael Radford. Le festival, qui consacre cette année une rétrospective au cinéma nordique, a mis la Scandinavie à l’honneur. Après l’acteur américain Richard Gere le week-end dernier, Liv Ullmann, ancienne compagne et égérie du cinéaste suédois Ingmar Bergman, décédé le 30 juillet, reçoit le prix honorifique "Donostia". Âgée de 68 ans, l’actrice norvégienne la plus célèbre va effectuer son "come-back" dans son pays sous la direction de Jesper Nielsen, dans l’adaptation du livre In a Mirror, in a Riddle de l’auteur à succès Jostein Gaarder. En outre, un film danois a mis un point final à la compétition officielle. Daisy diamond, du réalisateur Simon Staho, s’inscrit dans la ligne des drames scandinaves ultra-réalistes et raconte l’histoire d’une mère célibataire, Anna, qui rêve de devenir actrice.



Trois femmes en mal de communication à Tel-Aviv

Les méduses | d´Etgar Kerret - Zabaltegi

Les méduses, film israélien d’Etgar Keret et Shira Geffen, caméra d’Or au Festival de Cannes 2007 présenté dans la section Zabaltegi, raconte des tranches d’existence de trois femmes vivant au c¦ur de Tel-Aviv. Trois destins qui se croisent sans le savoir. Trois vies ordinaires, faites de solitude et d’interrogations sur le passé et l’avenir. Il y a d’abord Keren (Noa Knoller), une jeune mariée qui se casse la jambe le jour de ses noces et doit annuler sa lune de miel aux Caraïbes. Keren et Michael (Gera Sandler) échouent dans un hôtel de Tel-Aviv, et Michael découvre le vrai visage de sa jeune épouse, jalouse et possessive. Le film nous invite ensuite à suivre Batya, une jeune serveuse déboussolée, en quête de la famille parfaite qu’elle n’a jamais eue. A l’image de son appartement inondé, Batya se laisse submerger par les malheurs de sa vie. Une mystérieuse petite fille qu’elle recueille sur la plage lui permettra cependant de partir à la rencontre de son passé. Enfin, une jeune employée philippine, Joy, croisera le chemin des autres personnages. Perdue dans une ville qu’elle ne connaît pas, et dont elle ne maîtrise pas la langue, Joy travaille pour tenter d’oublier la souffrance de l’éloignement avec son fils de cinq ans. Elle trouvera un instant de réconfort auprès de Malka, une vieille dame aigre et grincheuse, dont elle s’occupe. En choisissant un rythme lent, un cadrage au plus près des personnages, et des dialogues restreints, les réalisateurs nous amènent au coeur de la vie de ces trois femmes qui ont toutes besoin d’un personnage extérieur pour rétablir la communication avec leur entourage. Dans ce long-métrage d’1h18, la mer représente l’élément fédérateur des trois personnages. Tels des méduses, les personnages se laissent porter par le courant de la vie.


 
Print
 
...More news
Sujet à la une
20 ans de luttes festives
Pays Basque
La Chambre veut un règlement clair sur les OGM
Culture
Un cinéma de genre à Zinemaldia
Sports
Huit candidats, il en faut la moitié
Pays Basque
Référendum en Euskadi sur son avenir le 25 octobre 2008
  © 2006 Baigura | Contact | About us | Advertise