Andde DARRAIDOU -
Restaurateur
La décision préfectorale de fermer trois hôtels aux
Aldudes (lire édition précédente) n’est qu’un début selon Andde Darraidou,
hôtelier restaurateur à Espelette et ancien président de la commission tourisme
de la Chambre de Commerce de Bayonne. Il estime que les normes imposées aux
établissements hôteliers sont souvent insurmontables pour les plus petits
d’entre eux et qu’il faut en revoir l’application.
Trois hôtels ferment aux Aldudes car ils ne sont pas aux normes. La préfecture juge même que ces professionnels font de l’argent sur la vie des gens...
De tels propos me choquent évidemment. Personnellement, bien que j’ai entièrement remis mon établissement aux normes, ils m’ont embêté pour un centimètre qui manquait ça ou là. L’attitude de l’administration est très dure. Ça m’énerve. Qu’est-ce que c’est facile de dire qu’on fait du fric sur la vie des gens.
La mise aux normes n’est-elle pas une nécessité?
Il ne faut pas la refuser mais en revoir l’application. Pour 2011, tous les escaliers doivent être coupe-feu. Techniquement, comment peut-on réaliser de telles modifications dans nos vieilles maisons basques ? Si ce n’est pas en fermant plusieurs chambres pour faire la cage d’escaliers. Du coup, l’établissement peut ne plus être rentable. Entre la réalité du terrain et la dureté de l’administration, il faut trouver un juste milieu.
Une réglementation spécifique pour les plus petits ?
Economiquement, les petits ne peuvent pas appliquer ces normes qui sont les mêmes que l’on ait 10 ou 400 chambres. L’administration veut surtout se couvrir, surtout après les incendies dramatiques d’hôtels parisiens. Il faut revoir l’application de ces normes et faire les choses plus en douceur dans les zones rurales. C’est plutôt avec les députés qu’il faut discuter. Vous craignez pour l’avenir
des petits hôtels?
J’ai très peur que d’ici dix ans, toute la petite hôtellerie de moins de 10 chambres ait disparu, faute d’avoir pu se mettre aux normes. C’est une catastrophe sociale car ça fait partie de la vie du village. Quand on se baladera en Pays Basque, il faudra aller systématiquement jusqu’à Garazi voire Bayonne pour dormir. Ça ne tient pas. Bientôt, on va inventer de nouvelles subventions pour sauver les villages. Il vaudrait mieux s’asseoir ensemble dès maintenant et réfléchir avant qu’il ne soit trop tard.