CRITIQUE
Quand l’hystérie féminine se montre
Les hommes doivent s’asseoir, ne rien dire et seulement regarder ces femmes hystériques, actrices et spectatrices, évoluer dans cet établissement psychiatrique de la fin du 19e siècle. Les personnages d’Hysteria, sortis de documents véridiques écrits il y a un siècle et demi, traitant de ce qu’on a appelé "l’hystérie féminine", font ressurgir des frustrations millénaires, des aspirations aussi anciennes qu’irréalisées. Ces femmes se racontent dans leurs moments les plus sensibles, nous entraînent dans les pages secrètes de leur existence. Se rendre compte de l’actualité de ce qu’elles nous disent est, certainement, ce qui provoque notre plus grand étonnement. La complicité est la pierre angulaire de cette mise en scène. Le public masculin est séparé du public féminin qui seul est invité à "inter-agir" avec les actrices, ce qui produit une dramaturgie hybride, unique à chaque représentation. Il n’y a plus aucune frontière entre acteurs et spectatrices. Une communion qui trouve son apogée lors d’une grande danse collective. Interprété en français par des Brésiliennes, le spectacle prend une couleur que seul leur accent peut donner. Une grâce poétique renforcée par certains passages maintenus en brésilien. A ne pas manquer aujourd’hui pour la deuxième représentation.
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