La Mouette selon Enrique Diaz
·Enrique Diaz poursuit avec Tchekhov son ¦uvre d’adaptation contemporaine de grands classiques
Ce soir (21h) sur la Scène du Théâtre de Bayonne, la Companhia Dos Atores, avec à sa tête Enrique Diaz, présente Seagull-Play, une adaptation de la célèbre ¦uvre de Tchekhov La Mouette.
Enrique Diaz raconte que sa "première rencontre avec La Mouette remonte au jour où deux extraordinaires comédiennes brésiliennes" l’ont invité à "la mettre en scène". Il a alors "enclenché le processus, jusqu’à ce que soudain", il réalise qu’il "n’était pas prêt à le faire à ce moment-là." Quelques années plus tard Diaz mettra en scène Les Trois s¦urs, autre pièce de Tchekhov. Et de cette expérience naîtra la volonté, de Diaz et de tous ses collaborateurs sur le projet Les Trois S¦urs, d’une nouvelle expérience avec l’auteur russe.
Dans la continuité
"Après avoir étudié non seulement ses textes de théâtre, mais aussi ses contes et sa biographie, nous avons choisi La Mouette, peut-être en raison de ce jeu de miroirs qui y est à l’¦uvre, cette pièce dans la pièce, ces deux générations se reflétant l’une dans l’autre, ces propos sur le théâtre, etc. Je venais de faire Ensaio Hamlet (2005), et il me semblait intéressant de continuer à travailler dans la même direction", explique Enrique Diaz.
Effectivement, avec Seagull-Play, Enrique Diaz et la Companhia Dos Atores, fondée à la fin des années 80 et l’une des plus anciennes du Brésil, poursuivent ce travail entamé notamment avec la pièce adaptée de l’¦uvre de Shakespeare. La Companhia Dos Atores aborde plus généralement La Mouette avec le même esprit que celui qui l’a guidé durant ces années d’existence : en rendant son auteur à la fois contemporain et compagnon de route ; en replaçant les thèmes de la pièce dans le contexte contemporain ; en prenant en compte le public d’aujourd’hui.
Un travail par lequel Enrique Diaz s’affirme de plus en plus comme un "metteur en scène", sans cesser pour autant d’être un acteur, bien au contraire. Le théâtre selon lui, est un jeu de doubles et de dupes au centre duquel se trouve le corps de l’acteur, et où ce qui compte est en premier lieu le "jeu". Instrument de stylisation, le corps est avant tout ce prodigieux réservoir d’énergies que le maître japonais Tadashi Suzuki lui a appris à canaliser, et à utiliser. Il devient l’enjeu d’un théâtre où priment l’invention collective et l’improvisation, une écriture du plateau, mais aussi des corps, qui passe également par les grandes ¦uvres du répertoire.
Lorsque Enrique Diaz s’empare de Tchekhov, c’est pour cultiver amoureusement la mise en abyme déjà dénichée au c¦ur de La Mouette, pièce qui constitue en elle-même une vertigineuse réflexion sur la création artistique. Le metteur en scène fait sortir la pièce de ses rails, comme les acteurs de leurs rôles. Dans Seagull-Play on l’aura compris, tout est dans le Play.
La Mouette de Tchekhov raconte l’histoire d’une famille d’artistes du début du XXe siècle en vacances au bord d’un lac. Les jeunes sont en quête d’un théâtre "nouveau" que laisse espérer le siècle naissant, les aînés savourent leur célébrité à la fois clinquante et démodée tout en redoutant son fatal déclin...
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