L’organisme a mauvaise réputation. Auprès des artisans, commerçants et chefs d’entreprise. Chargé de recueillir auprès de ces derniers les cotisations, l’Urssaf se rappelle régulièrement à eux. La réputation s’améliore si l’on rappelle que cette collecte sert au financement du régime général de Sécurité Sociale : les cotisations encaissées sont ensuite reversées aux assurés sociaux sous forme de prestations (via la CPAM et la CAF). Mais l’actualité de cet organisme n’est pas dans son image auprès des uns ou des autres, mais dans son maintien ou non au Pays Basque.
Hier, une délégation composée de Michèle Gautron, présidente (CGPME) de l’Urssaf Bayonne (en réalité à Anglet), la directrice Martine Sarthoulet, le président de la CGPME Pays Basque-Béarn, André Garretta et le secrétaire général de la CFDTPays Basque, s’est rendue à Paris pour plaider la cause de l’installation du siège de l’Urssaf départementalisée à Bayonne. "Une réunion de travail, comme il y en aura d’autres" selon un des participants de cette rencontre informelle qui s’est refusé à tout commentaire.
En vertu d’une décision de l’Agence centrale des organismes de sécurité sociale (ACOSS) prise au début de l’année, chaque département ne comptera plus qu’une Urssaf (Union de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d’allocations familiales) avant la fin 2009. Dans les Pyrénées-Atlantiques, celle de Pau et celle de Bayonne ont pris chacune une résolution en accord avec le principe de fusion au 1er juin 2009 des deux Urssaf. Elles divergent sur le lieu du futur siège. La CFDT et la CGPME du Pays Basque, syndicats de salariés et patronal, sont au moins d’accord sur le fait qu’il faille que ce siège soit à Bayonne. La question se pose également pour le lieu de la Commission des recours.
1+1 > 2
Les tractations vont donc bon train ces derniers mois. Les conseils d’administration de Pau et de Bayonne sont en discussion. Des "réunions de travail" à Paris avec l’ACOSS sont programmées pour sortir du blocage actuel.
En tout état de cause, les responsables de l’Urssaf assurent que la fusion des deux organismes sera supérieure à la somme des deux établissements. En outre, le maintien des emplois et leur qualité seraient garantis y compris dans une Urssaf départementalisée. Ils ont moins de deux ans pour se mettre d’accord sur les modalités pratiques de la fusion.
L’Urssaf de Bayonne, organisme privé ayant mission de service public, compte 74 salariés au Pays Basque (un peu moins qu’en Béarn). Elle gère un peu plus 30000 comptes cotisants sensiblement le même nombre qu’à Pau et a récolté en 2005, 673 millions d’euros.
Une question de départementalisation de l’Urssaf qui en appelle une autre. Celle de la CAF qui est prévue à l’horizon 2011.