Cheminots, électriciens, postiers, agents public et étudiants, ensemble
·Perturbations à de nombreux étages par la grève des cheminots, rejoints ce jour par les électriciens et les fonctionnaires
Les effets vont être démultipliés. A la différence du 18 octobre dernier, c’est l’ensemble des fédérations syndicales de la fonction publique qui appelle à se mettre en grève et à manifester ce matin à 10h30 devant la Bourse du travail à Bayonne. Un mouvement motivé par une baisse relative de leurs salaires depuis quatre ans, et l’absence d’ouverture de négociations par le gouvernement. Et qui fera la jonction tant redoutée ou désirée c’est selon avec la grève reconductible des cheminots qui en seront à leur septième jour contre l’allongement de la durée des cotisations pour la retraite et l’instauration d’une décote. Pour l’occasion, la plupart des syndicats d’EDF-GDF appellent aussi à la grève pour le même motif.
Un rendez-vous qui ressemblera à un temps fort dans le bras de fer engagé avec le gouvernement depuis un mois. Et qui par là même contribuera certainement à faire rehausser le nombre de grévistes à la SNCF.
Outre le trafic ferroviaire [voir les prévisions plus loin], c’est l’éducation nationale qui devrait connaître d’importantes perturbations avec par exemple la moitié des écoles bayonnaises ou biarrotes qui seront fermées. Dans les lycées et collèges, outre certains cours, c’est le service de cantine qui devrait être affecté. La distribution du courrier ne devrait pas être exempte d’une distribution plus ou moins chaotique. L’hôpital ou les municipalités également devraient connaître des limitations. Des débrayages devraient également être constatés dans certaines entreprises, puisque l’appel à la grève est étendu aux salariés du privé.
Ce qui n’est pas du goût de la CFDT Pays Basque qui craint que la revendication sur les salaires des fonctionnaires soit "noyée", et lance son appel en solo. Tout comme l’UNSA. En revanche, la CGT, FO et la FSU font appel commun, en indiquant notamment que l’allongement de durée de cotisations, tout comme la baisse des pensions depuis 1993, touche et touchera à nouveau en 2008 salariés du public et du privé. Et d’ajouter que les demandes de hausses de salaires sont réclamées dans toutes les entreprises. A défaut de banderole commune, ils feront défilé commun.
Pour sa part, le Parti Socialiste 64 appelle par la voix de son premier secrétaire Pierre Chéret, ses militants et l’ensemble des électeurs de gauche à rejoindre la manifestation syndicale de Bayonne. P. Chéret soutient la grève des fonctionnaires pour leurs salaires et souligne les "promesses non tenues" de l’actuel président qui faisait du pouvoir d’achat un point majeur.
Grèves reconduites
Quant à la grève des cheminots ces trois derniers jours, elle a continué son petit bonhomme de chemin. Avec relâche le dimanche. Non de la grève mais de l’action des cheminots grévistes. Les assemblées générales de cheminots à Hendaye et Bayonne ont reconduit le mouvement chaque jour. Avec samedi une manifestation à Hendaye, de la gare à la mairie, à laquelle se sont joints des syndicalistes FO et FSU.
Hier, les cheminots grévistes se sont présentés à l’heure de prise de service dans chaque poste pour engager la discussion avec les salariés qui embauchaient. A partir de 4h du matin. De la petite trentaine qu’ils étaient au début, le nombre de grévistes a gonflé à 80 à la fin de la journée. Dans l’attente de l’ouverture de négociations à la SNCF à Paris mercredi, il est probable que les grèves soient reconduites jusque-là. Avec d’ores et déjà d’autres appels concernant l’éducation pour jeudi. Comme une jonction prolongée.
Blocage et dialogue de sourd
Une erreur d’aiguillage propre au jpb vous a privés de cette photographie dans notre édition de samedi qui en a publié une autre à la place. Elle illustre l’action de blocage d’un train de marchandises par les cheminots grévistes durant une heure vendredi dernier à Bayonne. On y voit le directeur d’établissement et d’exploitation Sud Aquitaine Claudy Gonord pris à partie par les grévistes sur le fait de privilégier, en période de grève, la circulation de ce type de train au lieu de TER pour les voyageurs. Qu’ils veuillent bien nous en excuser.
Les étudiants bayonnais entrent dans la danse
Les étudiants opposés à la loi sur l’autonomie des universités (dite loi LRU) vont se joindre ce matin à la manifestation des cheminots, électriciens et des agents de la fonction publique. Une décision du groupe de travail mis sur pied la semaine dernière à l’issue de la première assemblée générale sur le camp bayonnais, et rendue publique par tracts à la faculté, mais aussi dans les lycées. Le cortège étudiant partira à 9h ce matin depuis le campus St-Crouts, accompagné par un orchestre. Les étudiants entendent faire le tour des établissements de Bayonne pour rejoindre la manifestation organisée par l’ensemble des syndicats. Ensuite, tous les étudiants et lycéens sont appelés à participer à l’assemblée générale organisée sur le campus à 12h30. Les étudiants craignent qu’avec l’application de la loi Pécresse, l’autonomie des universités se traduise par un développement des plus riches aux dépens des plus petites comme celle de Bayonne.
|