 |
|
 |
 |
 |
2008, année charnière pour le septième art
·Le cinéma de l’hexagone s’inquiète d’une baisse de fréquentation qui pourrait s’accompagner d’une baisse de subventions
 |
C’est pour le moins un choix de société, voire "des enjeux de civilisation", n’hésite pas à avancer le président du cinéma l’Atalante, Jean-Pierre Saint-Picq, dans l’éditorial de la Gazette. Les temps sont durs pour le cinéma et l’année 2008 sera une période charnière pour le septième art, confronté à une baisse de subventions publiques.C’est dans ce contexte que pour la première fois des cinémas commerciaux contestent l’existence de cinémas municipaux en invoquant la sacro-sainte concurrence déloyale. Même si le Pays Basque nord n’est pour l’instant pas concerné le directeur du cinéma commercial Oscar Ciné à Anglet, François Xavier Menou, ne se voyant pas par exemple "s’attaquer au Cinéma Le Royal" de Biarritz subventionné par la mairie cette contestation des groupes UGC et MK2 peut avoir des conséquences sur toute la création.
Les films sortis sur les écrans de l’hexagone ont cette année suscité légèrement moins l’intérêt du public que l’an passé.Moins 5,6% sur un an, selon le Centre national de la cinématographie, pas de quoi non plus crier au désastre, après une année 2006 qui fut exceptionnelle. D’autant que le résultat reste "légèrement supérieur au niveau moyen des dix dernières années" indique le CNC.
A l’heure de la sortie d’Astérix aux Jeux Olympiques, le film le plus cher de l’histoire du cinéma français, mercredi dans plus de 1000 salles simultanément, ces chiffres concernent les têtes de gondoles du cinéma, les plus grosses productions, et le bilan se joue à peu.On retiendra donc que le film le plus populaire l’an dernier, La Môme d’Olivier Dahan, a attiré 5 millions de spectateurs, soit moitié moins que Les Bronzés 3 l’année précédente. Jusque-là tout reste dans les normes d’un barème soumis au climat du septième art, qu’il soit économique, culturel, général ou même tempéré puisque les caprices de la météo interviennent bien souvent dans les indices de fréquentation. Mais par effet domino, ces manques à gagner préoccupent les grands groupes, qui commencent donc à contester l’existence des cinémas municipaux.Le monde du cinéma tremble que cette contestation ne gagne aussi des instances comme le CNC et remette en cause le principe de mutualisation du cinéma, l’aide à la création et toutes les subventions reversées à partir des taxes perçues dans les salles.Dans un climat qui est déjà à la récession avec des craintes sur quelque 5 millions d’euros de subventions de l'Etat versées chaque année par les DRAC (Directions régionales des affaires culturelles) aux associations chargées de l'action culturelle cinématographique, de l'éducation à l'image et de l'organisation de festivals.
"Grand problème"
Au cinéma Le Rex de Saint-Jean-de-Luz, où l’on suit de près cette baisse générale en affichant en 2007 un -4% sur l’année 2006, "l’été pluvieux a permis de cacher un plus grand problème" indique le directeur Xabi Garat, sauvé par les eaux. En revanche le cinéma luzien, contrairement aux salles Art et essai, reste dans la tendance générale en enregistrant des chutes importantes aux deuxième et quatrième trimestres, jusqu’à -30% sur l’année précédente.La météo clémente de l’automne et les grèves du mois de novembre ont eux aussi pesé sur la fréquentation, estime de son côté la Fédération nationale des cinémas français. Le cinéma luzien reste tout de même dans les clous de sa fréquentation habituelle avec 120000 spectateurs enregistrés cette année, sachant qu’il devrait ouvrir quatre salles supplémentaires dans le courant de l’année 2009.
A l’inverse, l’Atalante a fini l’année en forte hausse, enregistrant quelque 14 000 entrées en un seul mois autour des films La graine et le mulet, It’s a free world ou La fanfare, même si une légère baisse est enregistrée sur l’ensemble de l’année.Certes on n’est pas dans des programmations de grosses productions, ce qui fait dire à Jean-Pierre Saint-Picq que "l’Atalante c’est un peu l’anti-modernité salutaire".
Idem pour le Royal de Biarritz qui enregistre une baisse de 4% et dont le directeur, Jean Ospital, estime "résister plutôt bien à la baisse générale". De son côté, le directeur d’Oscar Ciné à Anglet, François Xavier Menou, se félicite d’une baisse de 2,5%.Le cinéma, qui fêtera ses trois ans en juillet, continue son développement et a compté 230 205 spectateurs en 2007.Les deux directeurs de Biarritz et d’Anglet sont d’accord en tout cas sur un point : les deux cinémas ne se gênent pas. Du reste, remarque François Xavier Menou, "le secteur est déjà très réglementé".La guerre des salles n’aura pas lieu.Après les tourments des cinémas sur le BAB, l’équilibre semble trouvé.
Un déséquilibre de programmation
Pour expliquer la baisse de fréquentation des salles, la FNCF, dont les chiffres fournis par ses adhérents, font état d'un repli légèrement supérieur (-6,3% et 177 millions de spectateurs) pointe du doigt les effets néfastes d’"une politique de programmation déséquilibrée". "La concentration du nombre de films sortis reste très importante, sans amélioration, malgré un constat réitéré chaque année", déplore ainsi la FNCF. L'an dernier, la part de marché des films français a reculé pour s'établir à 36,5%, contre 44,6% en 2006, un repli d'autant plus décevant qu'en 2006, les films français avaient réalisé plus d'entrées que les films américains pour la première fois depuis 20 ans, souligne par ailleurs le CNC. Les entrées réalisées par les productions issues de l'Hexagone ont chuté de 22,8% pour atteindre 64,95 millions d'entrées en 2007, retrouvant un niveau équivalent à celui de 2002 (64,30 millions), selon les chiffres du CNC. De leur côté, les films américains s'adjugent la moitié du marché français (49,9%) en engrangeant 88,89 millions d'entrées l'an dernier (+6,6% par rapport à 2006) sans renouer toutefois avec les 90 millions atteints en 2002 et 2004. Les films "non français et non américains" ont grappillé 13,6% des entrées totales en 2007 contre 11,2% en 2006, notamment grâce au succès de La vie des autres, de Florian Henckel von Donnersmarck, qui a dépassé 1,5 million d'entrées dans l’hexagone.
|
|
|
|
|  |
|
 |
 |
 |
|