A u début du 20e siècle et jusqu’aux années 50, deux tramways desservaient les villes de Bayonne, d’Anglet et de Biarritz.
Le plus ancien, le tramway du BAB avait sa gare à côté du cinéma la Féria (devenu plus tard le Vauban). Il assurait une liaison rapide de Bayonne à Biarritz en passant par Anglet, permettant de joindre les deux villes en quinze minutes, c’est-à-dire moins de temps qu’en empruntant l’axe routier actuel du BAB aux heures de pointe !
Ce tramway présentait l’inconvénient de mal desservir les quartiers des trois villes, d’où la création en 1889 d’un second tramway, le BLB (Bayonne-Lycée-Biarritz) dont le terminus était à la place d’Armes (aujourd’hui place du Général de Gaulle). Ce tramway remontait les allées Paulmy, puis un embranchement conduisait certains trains vers l’hôpital et le lycée, tandis que d’autres empruntaient la RN10 et desservaient différents quartiers d’Anglet et de Biarritz. Plus tard, après la première guerre mondiale, la ligne du BLB put être prolongée jusqu’à la gare de Bayonne, grâce à l’élargissement du pont Saint-Esprit.
Le règne de l’automobile a condamné des deux tramways dans les années 50. Mais dans un contexte de pénurie de pétrole, d’engorgement des villes, de pollution et de destruction de la couche d’ozone, le renouveau de ce moyen de transport est à l’ordre du jour dans les grandes villes. Pourquoi ne pas envisager la création d’un nouveau tramway du BAB ?
La création d’un tramway présenterait de nombreux avantages :
- Il permettrait de fluidifier le trafic des villes actuellement saturé, en particulier aux heures de pointe et pendant tout l’été.
- Il éviterait des accidents routiers et sécuriserait notamment les retours de fête.
- Il fournirait l’occasion à la communauté d’agglomération du BAB de lancer un projet fédérateur vraiment utile à la population des trois villes.
- Il préparerait dès aujourd’hui l’ère de "l’après-voiture" et d’un développement harmonieux respectant l’environnement.
- Il permettrait de repousser à la périphérie ces parkings immenses et laids qui mangent les espaces verts de nos villes. Ne serait-il pas souhaitable par exemple que l’espace des glacis, le long des allées Paulmy ne soit plus un parc à voitures et retrouve sa vocation initiale de zone de loisirs et de détente ?
- Il créerait des emplois et apporterait de substantiels revenus aux communes.
Comme toute médaille a son revers, le tramway aurait aussi des inconvénients :
- Ses recettes ne seraient pas suffisantes pour amortir le coût très élevé des investissements nécessaires. L’inconvénient principal d’un projet de tramway serait évidemment son coût. C’est pourquoi sa réalisation ne peut être envisagée sans un engagement politique fort et volontariste. Pourquoi ce qui a pu être financé au début du 20e siècle ne pourrait pas l’être aujourd’hui ? L’histoire montre qu’une vraie volonté politique permet de lever les obstacles économiques, en particulier dans les domaines susceptibles d’amener un consensus dans la population.
- Une autre limite du tramway est qu’il ne résoudrait pas le problème de l’accès aux villes du BAB à partir de Saint-Jean-de-Luz, Ustaritz et Saint-Pierre-d’Irube. Or, les files de voitures s’allongent davantage chaque année sur ces axes et le rythme de construction effréné dans les villages du Labourd intérieur laisse présager pour bientôt un encombrement insupportable aux heures de pointe.
Une solution serait de prolonger le tramway du BAB en le reliant aux axes ferroviaires existants : prolongement vers Hendaye en prévoyant une liaison avec le topo à Irun, correspondance avec une ligne ferroviaire rénovée entre Bayonne et Saint-Jean-Pied-de-Port. Une autre serait de renforcer les autres moyens collectifs de transport comme le bus ou le covoiturage.
Développement équilibré
Il est évident que le tramway n’apporterait pas la solution à tous les problèmes. A terme, la seule issue véritable à l’engorgement des villes du BAB est le développement d’activités économiques à l’intérieur du Pays Basque. Malgré le développement de services de proximité dans les villes périphériques, la plupart des emplois se concentrent toujours sur la frange côtière, ce qui sature les voies de circulation.
Au fur et à mesure que les lotissements et résidences se développent au Pays Basque intérieur, la situation ne fait qu’empirer. Il y a dix ans, en partant d’Ustaritz à 7h30, on parvenait à la salle Lauga de Bayonne en un quart d’heure, il faut plus d’une demi-heure aujourd’hui. Ce trajet prendra probablement une heure dans quelques années si des mesures volontaristes ne sont pas prises. A l’heure où le développement durable est une priorité, il serait temps d’en finir avec ce spectacle affligeant (auquel je participe) de files interminables de voitures, occupées chacune par une seule personne, qui avancent à un rythme de tortue, pare-chocs contre pare-chocs, en polluant l’atmosphère !
A l’issue des élections municipales et cantonales, il est urgent que les futurs élus engagent une réflexion de fond pour créer les conditions d’un développement équilibré entre la côte et l’intérieur et imaginer une politique de transport ambitieuse et respectueuse de l’environnement.