"Inhabité et inhabitable", "à l’abandon et ouvert à tout vent", "pillages des décorations", "parcelles en friche", "réseaux électriques à refaire", "toitures abîmées"...Le descriptif du château d’Uhart-Mixe est loin d’être élogieux.Pourtant, lors de la vente aux enchères qui se tenait au tribunal de Bayonne hier, le bâtiment a été adjugé à 182 000 euros.
Alors que les visites de la bâtisse et de son parc situés au c¦ur du village d’Amikuze avaient connu un succès certain (une trentaine de personnes auraient arpenté les lieux), deux acheteurs seulement ont surenchéri devant les magistrats.Marchands de biens, curieux et avocats remplissaient la salle d’audience.Les deux personnes intéressées par le château s’étaient fait représenter.
Deux candidats à l’achat
Le château d’Uhart-Mixe a connu bien des péripéties ces dernières années. Il a changé trois fois de propriétaire. Mais jamais personne n’a investi dans sa restauration. Il a été utilisé pour des colonies de vacances par un organisme bordelais, puis des avocats en ont fait l’acquisition, et enfin, un antiquaire parisien a emprunté 150 000 euros au CIC pour l’acheter. Selon Maître Basterreix, l’avocat de la banque, le châtelain amateur n’a pas remboursé son emprunt en temps voulu et n’a pas non plus réalisé les travaux de restauration qu’il s’était engagé à mener.Le château était donc vendu aux enchères hier après une procédure de saisie immobilière lancée par la banque créancière. Le Trésor Public est également créancier dans cette affaire.
"C’est un bien très particulier, voilà pourquoi - sur autorisation du juge - nous avions publié l’annonce de sa vente au-delà du Pays Basque, et notamment à Bordeaux, Toulouse et Paris" précise Maître Basterreix. La vente aux enchères du château d’Uhart-Mixe a ainsi été annoncée jusque dans les pages du quotidien Le Figaro.
Finalement, il n’était pas nécessaire d’aller chercher si loin des acquéreurs puisque, selon Maître Malherbe qui a emporté la vente aux enchères hier,l’acheteur est un "retraité basque de 76 ans qui vit à Ciboure".L’avocat ne veut pas dévoiler le nom de son client mais il affirme que celui-ci est "fier de sauver ce fleuron architectural et historique du Pays Basque".Cet homme "fortuné", aurait l’intention de vivre dans le château. Une telle déclaration d’intention qui pourrait peut-être rassurer la maire d’Uhart-Mixe.Pour elle, "il faut absolument que le nouveau propriétaire puisse faire des travaux de rénovation".Elle estime que le chantier coûterait jusqu’à 2 millions d’euros. Quant à la commune, "avec nos 210 habitants, sans entreprise sur le territoire du village, nous n’avons absolument pas les moyens d’investir dans ce lieu" tranche Marie-Pierre Ithurbide.
Une ruine au c¦ur du village
Et elle poursuit, "pour nous, ce n’est même pas une réserve foncière puisque le parc est inondable et que certains arbres sont classés". En revanche, la présence du bâtiment en ruine au centre de son village la contrarie. "Ce n’est pas très joli" regrette-t-elle.
Cette vente publique concernait le château et l’une de ses annexes, au total, une surface de deux hectares et demi.La bâtisse date de 1518. A cette époque, elle appartenait à la famille Duhart. Au fil des siècles, ce qui n’était qu’une maison-tour féodale a été modifié par ses propriétaires successifs. Une aile et un étage ont été ajoutés à la fin du 17e siècle. L’intérieur du château a été entièrement remanié aux 18e et 19e siècles. Aujourd’hui, son pigeonnier et sa décoration intérieure sont classés Monument historique.
La vente d’hier n’est pas définitive. Il y a une possibilité de surenchère durant les 10 jours qui viennent.