Kashkazi
"Identité juridique"
Fin novembre à Combani (Mayotte). Plusieurs fourgons de gendarmerie quadrillent l’exploitation de Dani Salim, président de la Confédération paysanne et de la Chambre de l’agriculture, de la pêche et de l’aquaculture (Capam). Trois de ses employés, des sans-papiers, seront arrêtés. Le paysan avait bien tenté de les déclarer depuis des mois, mais jamais la préfecture n’avait autorisé leur régularisation. Ses employés ont été "reconduits à la frontière" ; Dani Salim, lui, fait l’objet d’une enquête judiciaire. (...) La vague de répression qui s’est abattue sur le monde agricole d’autres exploitants ont fait l’objet d’un contrôle ces derniers temps- entre dans le cadre de la lutte contre l’immigration et le travail clandestin. Mais au-delà, elle symbolise la nouvelle donne dans l’île. Nouvelle donne juridique qui entraîne immanquablement une nouvelle donne économique. Avec l’intégration accélérée depuis le 1er janvier 2008 des règles du droit commun français ce que l’on appelle à la préfecture l’identité législative-, ce sont les pratiques en vigueur depuis trente ans qui sont amenées à disparaître. "Pour le bien des consommateurs, des usagers, et des entrepreneurs", affirment les pouvoirs publics. Personne ou presque n’en disconvient, sous peine de passer pour un "indépendantiste". Mais nombreux sont ceux qui reprochent à l’Etat une application trop stricte de la loi, et surtout un "manque d’accompagnement" susceptible de porter préjudice "aux petits", comme le dénonce D. Zaïdani, secrétaire de l’association Oudaïlia haqui za m’mahore.
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