Bien plus qu’une coopérative, Lur Berri est plus que jamais une holding aux multiples branches et son dernier exercice a encore contribué à renforcer ses partenariats et participations dans de nombreuses entreprises agroalimentaires. Le cours élevé des céréales a également profité au groupe, certaines productions animales, elles, traînent la patte.En quatre ans, le chiffre d’affaires consolidé du groupe Lur Berri a gagné 12% en passant de 290 à 325 millions d’euros. L’année 2006-2007, résumée lors de l’assemblée générale d’hier à Aicirits, s’est traduite par de forts investissements de développement: 17 millions d’euros. Après l’augmentation de capital de dix millions d’euros de sa filiale Arcadie Sud-Ouest (dont le chiffre d’affaires a augmenté de 60% depuis 2000), Lur Berri détient à présent 42% des parts de cette entreprise spécialisée dans l’abattage, la transformation et la commercialisation de viandes. Arcadie a racheté en 2007 l’entreprise landaise Bevimo, fournisseur du groupe Carrefour. Par ailleurs, 3,5 millions d’euros seront investis à Pedavia sur le site de l’ancien abattoir de Saint-Palais fermé par Lur Berri il y a deux ans.
Lur Berri profite aussi du fort développement du producteur de foie gras Labeyrie qu’il fournit via sa filière palmipèdes. Par ailleurs le groupe amikuztar s’est allié à l’entreprise navarraise Martiko, leader espagnol de fabrication et de distribution de foie gras. L’entreprise ADP (Agropuecaria del pato), constituée à parts égales des deux acteurs, envisage la création de trois sites de production au sud des Pyrénées pour fournir 650000 canards à Martiko.
S’agissant de la production de légumes, Lur Berri a consenti à souscrire à l’augmentation de capital de la société belge Pinguin dans laquelle il détient 10%. Ce groupe, troisième intervenant en légumes surgelés en Europe, a racheté Salvesen et Padlee deux leaders britanniques de légumes surgelés ainsi que l’entreprise internationale Lutosa, spécialisée dans la pomme de terre.
Dans le secteur diversification, Lur Berri a racheté Coustenoble, situé au nord de la France pour devenir grâce à sa filiale Lur Berri Oisellerie, le leader français dans la production d’aliments pour animaux de compagnie.
Toute cette dynamique ne doit toutefois pas cacher une situation bien moins réjouissante pour une bonne partie des adhérents de Lur Berri. Si les céréaliers profitent de la forte hausse des cours du maïs et du blé pour se refaire une très bonne santé, les éleveurs eux sont à la peine. "Nous n’avons pas réussi à répercuter à la grande distribution la hausse des coûts de production", a concédé Sauveur Urrutiaguer. Les éleveurs devront donc prendre sur eux. Lur Berri a toutefois décidé d’accorder des aides aux producteurs porcins et bovins (deux enveloppes de 150000 € chacune) afin de garantir l’approvisionnement de ses clients. Enfin, la production d’agneau de lait reste le parent pauvre de l’activité pourtant florissante du groupe alors même que le début de l’année 2008 a été le témoin des cours les plus bas depuis bien longtemps. "En février, les perspectives devraient être meilleures sur le marché français même si celui-ci est très difficile et restera toujours marginal", a noté le président de Lur Berri qui exporte 82% de la production vers l’Espagne.
OGM : pas de conséquence pour Lur Berri
Les dirigeants de Lur Berri ont affirmé hier qu’une éventuelle interdiction du maïs OGM n’aurait pas de conséquence pour leur groupe. "Nous avons toujours dit que nous allons nous référer à la loi. Nous nous y conformerons", a commenté Sauveur Urrutiaguer. Le président de Lur Berri a néanmoins regretté les "contraintes franco-françaises qui pénalisent les agriculteurs", aussi bien sur les OGM que sur bon nombre de matières actives dont l’usage est de plus en plus restreint ou interdit. "Dans le même temps, la France et l’Europe laissent entrer des OGM ou des produits qui ne sont pas autorisés ici", a-t-il ajouté. Relevant ce "paradoxe", il a estimé que "les politiques doivent être mis devant leurs responsabilités". Selon Lur Berri, "beaucoup d’institutions font des études dont les résultats ne sont pas repris par les politiques, sans doute par manque de courage".