Si la gauche conquiert cinq cantons...
·La majorité départementale MoDem-UMP bousculée par la poussée de la gauche en 2004, craint une seconde vague
Et si la gauche l’emportait... ce n’est plus tout à fait de la science-fiction au Béarn et en Pays Basque. Les sondages sur la cote de popularité en chute régulière du chef de l’Etat ne sont pas là pour rassurer la majorité de droite actuelle au Département. Cette donnée connaîtra-t-elle une traduction dans les urnes dans douze jours? D’aucuns s’en inquiètent, d’autres s’en réjouissent. Toute élection, fût-elle locale, enregistre des effets plus ou moins atténués/amplifiés du champ politique français. Au Pays Basque y compris. Et les responsables de la droite qui y détient la plupart des cantons et des municipalités le savent mieux que quiconque. Raison pour laquelle la plupart des maires et conseillers généraux ne crient pas sur les toits leur appartenance, et axent leurs campagnes électorales le plus localement possible.Car plusieurs signaux ont déclenché l’alerte au sein de la majorité départementale présidée par le MoDem Jean-Jacques Lasserre. Les précédentes élections cantonales de 2004 ont ainsi connu une poussée de la gauche qui s’est traduite au Pays Basque par un carton plein à Bayonne (avec la Œprise’ de Bayonne-Est et Bayonne-Ouest à la droite), et même en Garazi avec l’élection de François Maitia. Dès lors, J.-J. Lasserre se maintient à la tête de l’exécutif par une majorité absolue de trois petits sièges de plus. Et ce n’est pas le résultat de l’élection présidentielle l’an dernier qui l’a rassuré avec une candidate socialiste battant celui de l’UMP sur 33 des 52 cantons des Pyrénées-Atlantiques. Dès lors, un mécontentement à l’égard de la politique de Sarkozy pourrait prolonger le basculement à gauche entamé en 2004. Et ce n’est certainement pas un hasard de calendrier, si Jean-Jacques Lasserre n’a pas voulu ajouter aux motifs de mécontentement, celui lié au projet routier de Transnavarraise, finalement retiré en décembre. Un mouvement de bascule qui a le plus de chance de se manifester au Pays Basque sur les cantons d’Anglet-Sud et d’Hendaye. Dans le premier cas, l’UDF Bernard Gimenez n’avait battu Guy Mondorge que de 400 voix d’écart (sur 8400 suffrages exprimés). Sur le canton hendayais le résultat avait été plus serré encore entre Daniel Poulou et Albert Péry avec 73 voix de différence. Le canton de Mauléon, même s’il vote à gauche par tradition, pourrait éviter de tomber dans l’escarcelle de la gauche en raison de l’implantation du candidat sortant "Pepela" Mirande (élu au 1er tour à 55% en 2001). La mise en ballottage pourrait faire partie de premières surprises ou des signes avant-coureurs. Par exemple sur le canton de Biarritz-Est (Juliette Séguéla fut élue avec un chouïa de plus que 50% au 1er tour) et d’Amikuze où Barthélémy Aguerre, habituellement élu dans un fauteuil dès le 1er tour, pourrait payer son soutien ardent à la 2x2 voies. Les cantons de Bidache, St-Jean-de-Luz, Ustaritz, et Espelette semblent bien tenus par la droite à l’exception du 1er, les abertzale y réalisent de bons scores, les plaçant en troisième force.
Arbitrages abertzale
Sur les 11 cantons renouvelables au Pays Basque, cela fait donc deux cantons "gagnables" par la gauche sur les 5 à conquérir pour obtenir la majorité au Parlement de Navarre. Car la droite possède aujourd’hui 30 sièges (sur 52), avec le ralliement de la socialiste bayonnaise Monique Larran-Lange et la gauche 20 que fera demain la socialiste J.Poueyto qui s’allie à Bayrou à Pau aux municipales?, J.-P. Destrade et J.-M. Galant étant chez les non-inscrits. Filgi Claverie, alors porte-parole d’AB (aujourd’hui tête de liste à Biarritz) ne croyait pas si bien dire en affirmant que les abertzale pourraient être les arbitres du parton du département. Avec une probable triangulaire qui tournerait à l’avantage du conseiller général sortant de Baigorri, et un boulevard pour Alain Iriart sur Saint-Pierre-d’Irube, cela ferait deux précieux sièges, décisifs pour choisir la couleur de l’exécutif. A moins que ce dernier ne soit déjà redevable au MoDem et à l’UMP de ne pas lui avoir mis de concurrent sur son canton.
Cambo, St-Pierre-d’Irube et ces communes à liste unique
Il y a des situations qui s’accommodent mal avec la
vision que l’on peut avoir d’une démocratie libérale et pluraliste. Nombre de
communes se trouveront le 9 mars en situation de type soviétique [les goulags en
moins]. Avec une liste unique. Ce n’est pas chose nouvelle ou forcément rare,
sauf pour deux communes de plus de 3 500 habitants, sur les 16 ‹seule la
commune de Mauléon présente au top 17 en 2001 est passée en dessous de ce seuil‹
que compte le Pays Basque nord. Saint-Pierre-d’Irube et Cambo. Le maire sortant,
l’abertzale Alain Iriart se trouve seul à emmener 26 colistiers une liste
ouverte, comme en 2001 sauf qu’il avait alors des listes de droite et de gauche
face à lui. Si d’aucuns parlent de boulevard aux élections cantonales pour le
président du syndicat mixte Bil ta Garbi, là c’est une 2x2 voies sans péage. Un
autre candidat à l’élection cantonale, à sa propre succession cette fois, sur le
canton d’Espelette, a 100% de chance d’être élu maire sur sa commune. Personne
ne cherche à disputer la magistrature de la cité thermale au MoDem Vincent Bru,
président du Syndicat intercommunal de soutien à la culture basque en lice pour
un 3e mandat.
Il est difficile d’établir la liste des communes du Pays
Basque qui se trouveront dans le même cas. Dans les villages de moins de
3 500 habitants, des listes concurrentes peuvent se présenter jusqu’au jour
même du vote si les bulletins sont déposés dans les lieux de vote, sans qu’elles
soient nécessairement complètes. Et aux joies possibles du panachage s’ajoute
celle de pouvoir inscrire le nom d’un(e) citoyen(ne) pas forcément
candidat(e)... Toutefois à moins de deux semaines du premier tour, nombre de
villages, et non des moindres, se trouvent dans une configuration birmane [les
tanks en moins]. C’est le cas des capitales bas-navarraises. Les maires sortants
Jean-Jacques Loustaudaudine à Saint-Palais et Alphonse Idiart à
St-Jean-Pied-de-Port se représentent sans personne en face. Idem pour Louis
Genin, élu maire à Souraide en même temps qu’Henri Grenet à Bayonne en 1959,
Alain Castaing à Jatxou, Roger Gamoy à Itxassou, Vincent Carpentier à Halsou, ou
Jean-Michel Lamerens à Larressore. Nous sommes loin des récits des JT sur
la-difficulté-accrue-de-la-tâche-de-maire-qui-décourage-les-vocations. Il y a
néanmoins un cas de figure qui s’en approche. Celui d’Ainhoa où seul un élu du
conseil municipal sortant se représente dans la liste unique qui sera emmenée
par Henri Daguerre [jpb du 2-02-08]
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