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Le JPB > Pays Basque 2008-03-14
Didier BOROTRA / maire sortant de Biarritz
"Nous avons construit 150 logements sociaux sur ce mandat mais ce n’est pas suffisant"

Didier Borotra est le maire sortant de Biarritz et bien placé pour conserver son fauteuil avec ses 41,8% de suffrages récoltés dimanche dernier au premier tour. Dans cet entretien, il évoque le problème des logements sociaux, la CABAB et sa volonté de constituer une équipe pluraliste.

M. Borotra, vous qui êtes un des fidèles de François Bayrou, quelle cohérence politique estimez-vous incarner dans une liste soutenue par l’UMPet le MoDem ?

Cela fait 17 ans que la majorité que je conduis rassemble des gens de droite, du centre, des abertzale et des gens de gauche. C’est un choix politique vis-à-vis de l’opinion, et un choix de gouvernance pour une équipe municipale. La ville n’appartient à aucun parti politique, et le rôle du maire et de son équipe, c’est de représenter l’ensemble des citoyens de la villeŠ Si demain je suis réélu maire, je dirigerai une municipalité de 12 adjoints : quatre UMP, quatre MoDem, deux socialistes et deux abertzale: une composition pluraliste du gouvernement de la ville. Il est certes plus facile de rassembler "contre" quelqu’unŠ Nous, il nous faut être d’accord sur un vrai projet, très précis, qui apporte les réponses à toutes les questions. Il faut aussi du respect, et enfin, troisième condition: l’interdiction qui m’est faite de passer en force...

Y a-t-il du dynamisme, des idées que vous jugez bonnes dans le programme d’autres listes qui s’opposent à vous ?

St Cricq représente une droite dure contre moi ! Pas de dépenses publiques ? Ça veut dire quoi ? La politique est soit dynamique soit statique, immobilité qui correspond le plus à la vision politique de l’extrême droite, et qu’exprime très bien St Cricq d’ailleurs... En revanche, nous avons une préoccupation ensemble avec les listes de gauche : c’est le problème du logement social, vraiment un défi iciŠ On a construit 150 logements sociaux sur ce mandat mais ce n’est pas suffisant...

Vous êtes loin de la SRU...

Oui, pour une raison simple, c’est que notre ville est la plus densifiée du département : 24500 logements sur 1 250 hectares, soit une densification double de celle de Bayonne, parce qu’elle s’est construite à la fin du XIXe siècle, et aussi parce qu’il y a 9 000 résidences secondaires. Cela ne peut se faire qu’avec une volonté très forte, et je la partage avec les deux listes de gauche qui me sont opposées. Mais l’on a de notre côté le projet de créer un nouveau quartier qui devrait accueillir 400 à 500 nouveaux logements sur les six prochaines années...

Biarritz léguera à Bayonne la présidence de la CABAB à la fin des élections municipales...

Mais je n’ai pas profité de la CABAB au profit de Biarritz ! Au cours des sept dernières années, on aura investi 300 millions d’euros et engagé pour les années à venir de 200 millions d’euros. Tous les opposants tirent à vue sur les maires sortants, et l’un des moyens de le faire, c’est de parler de la CABAB. Mais quand on construit l’université de la Nive à Bayonne, c’est la Communauté qui paye, avec ses partenaires financiers, mais c’est le maire de Bayonne qui en fait la promotion. Quand on fait la place Clemenceau ou l’Atabal, c’est normal que ce soit le maire de Biarritz qui dise que l’on a fait du bon travail ! Ce travail doit être assuré par les maires, et pas par leurs opposants ! Mais chaque programme d’investissement mis en place représente un tiers pour chacune des villes.

Quid du Zénith ou d’un stade commun ?

Je ne veux pas polémiquer, mais le Zénith, c’est trop tard. Et chaque ville a ses équipements sportifs, s’intéresse à ses jeunes. Mais si l’on parle de sport professionnel, est-ce la compétence de la ville ou de l’agglomération ? On peut s’interroger sur l’intérêt d’utiliser les impôts des contribuables pour financer des budgets professionnels gérés par des sociétés privées ! Le problème d’un stade de 30 000 personnes pour la Coupe d’Europe ne se pose d’ailleurs que pour les quarts et les demi-finales, la finale étant au Stade de France. Un stade pour deux fois par an ? Cela ne sera financé que par des sociétés privées, c’est normal !

Avez-vous entendu parler du projet de Jean Grenet des busways qui dépasseraient largement les limites de Bayonne ?

La nouvelle délégation de service public de la STAB donnera lieu d’approfondir ces questions mais aussi d’envisager des solutions différentes. On ne peut pas faire appel à l’impôt lorsque 58% des gens préfèrent leurs voitures! A Biarritz, les touristes partagent largement ce point de vue et les navettes de Bayonne sont inadaptées au relief de la ville. Il ne faut pas avoir de blocage par rapport à l’utilisation de la voiture. Cela doit se faire progressivement : on n’interdira pas la voiture en centre-ville comme on a interdit la cigarette! Des solutions alternatives existent. Regardez, sans faire de pub, je roule en petite voiture : si nos concitoyens s’y mettaient, nos problèmes s’en verraient allégés...

Pour venir jusqu’à l’Hôtel de Ville, j’ai tout de même croisé deux Jaguar et une Rolls-Royce...

(main en l’air, atterré de la question) oui oui bon, si vous voulez ! Monsieur, vous verrez, un jour, ils y viendront !

 


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