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Le JPB > Sujet à la une 2008-03-14
Peines d´amendes et prison avec sursis dans le procès Kako
·Le Tribunal est allé au-delà des réquisitoires du Procureur, et la défense réfléchit avant de faire appel du verdict

Il ne devait s’agir que d’une simple affaire de succession agricole. L’affaire Kako a pris une ampleur que peu de gens auraient prédit, en remontant trois mois en arrière.Hier, le juge Rachoux, président du tribunal correctionnel de Bayonne rendait le verdict concernant l’affaire des échauffourées qui avaient eu lieu le 17 janvier à Saint-Palais, autour de la délégation de la SAFER, chargée d’émettre un avis sur les candidatures en lice pour reprendre la ferme Kako.

Au vu de la décision du juge François Rachoux, difficile de dire que ce dernier n’a pas eu la main lourde. Contrairement aux réquisitoires du Procureur de la République, qui avait requis des peines de jours-amende et qui avait demandé de la prison avec sursis à l’encontre de Virginie Brunet, le Tribunal a décidé de condamner trois accusés à des peines d’entre deux et quatre mois de prison avec sursis.Les condamnés sont ceux qui ont été reconnus coupables de violences envers des gendarmes, qu’ils soient identifiés ou non.

Ainsi, Jean-Michel Ayçaguer, coupable aux yeux du tribunal de violences envers des gendarmes indéterminés à coups de parapluie a écopé de deux mois de prison avec sursis.Beñat Etcheto, quant à lui coupable de violence à l’égard du gendarme Ben Yaccoub (en l’espèce Etcheto était accusé d’avoir agrippé et traîné le gendarme) a écopé lui aussi de deux mois de prison avec sursis. Enfin, Fred Larragnaga, coupable selon le tribunal de violences envers des gendarmes (en l’espèce des jets de projectiles) a été condamné à quatre mois de prison avec sursis.

Mizel Dunate et Frantxoa Irigoien, reconnus coupables d’avoir volé et recelé une casquette, une paire de menottes et une matraque ont été condamnés à 500 euros d’amende. Enfin, Virginie Brunet, coupable aux yeux du tribunal d’avoir asséné un coup de pied à un gendarme indéterminé, et qui avait reconnu avoir pu donner un coup sans intention de faire mal, a eu 600 euros d’amende.

Dommages et intérêts lourds

Les condamnations du tribunal ont été alourdies par les indemnisations que devront verser Larragnaga et Etcheto aux gendarmes touchés au titre du préjudice moral subi. Ainsi, Etcheto et Larragnaga devront verser solidairement 2500 euros de dommages et intérêts, ainsi que 1200 euros de frais de justice.Larragnaga, quant à lui devra verser 2500 euros en plus de dommages et intérêts au gendarme Bernadet.



"Ils veulent punir la lutte syndicale "
Les accusés et les avocats de la défense étaient abasourdis hier par le verdict du tribunal. Personne ne s’attendait à un tel verdict, et certains des condamnés accusaient le coup, ayant du mal à assimiler la dureté des peines : "c’est sûr qu’entendre prison avec sursis, c’est dur. Le procureur et le tribunal ont saisi une opportunité pour punir la lutte syndicale basque des gens humbles du peuple" déclarait Frantxoa Irigoien, un des condamnés à de la prison avec sursis. "Nous avons lutté pour que Fred Larragnaga reste à la ferme Kako, et ce verdict ne nous fera pas renoncer à cette lutte", ajoutait Irigoien, parlant au nom des six condamnés.

Les avocats de la défense, quant à eux, dénonçaient "le traitement discriminatoire des luttes syndicales dans cette partie du département. Les manifestations agricoles à Pau se déroulent sans problème, alors qu’ici, elles sont soumises à un traitement judiciaire, et des condamnations très sévères", déclarait Maître Larrea, avocat de la défense à l’issue du verdict.

Me Etcheverry, était quant à lui dubitatif sur la décision du tribunal, qui avait prononcé des peines plus dures pour trois des accusés que les demandes du procureur : "c’est un des paradoxes du procès" disait-il. La défense n’avait pas encore pris de décision quant à l’opportunité de faire appel du verdict : "nous allons nous réunir tous ensemble. Nous nous fixons un délai de réflexion de deux jours" précisait Me Etcheverry. Le délai d’appel est ouvert à la défense et au Ministère Public jusqu’à jeudi prochain. En cas d’appel, la Cour d’Appel de Pau serait saisie du dossier, et un nouveau procès devrait avoir lieu dans la capitale du Béarn.


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