Troubles psychiques : les malades ont un local associatif à Hasparren
Elle organise des ateliers où se retrouvent les quinze adhérents, tous atteints de troubles de l’humeur parfois destructeurs. L’objectif est social : créer du lien, retrouver l’estime de soi en pratiquant des activités et sortir de la logique d’isolement social et affectif qui menace ces malades. "Nous avons des ateliers de cuisine, de peinture, nous allons au cinéma, un pilotari bénévole donne des cours de pelote. Avec ces ateliers, ils se rendent compte qu’ils sont capables de faire des choses. C’est un complément social indispensable à tout traitement thérapeutique pour ces personnes en souffrance".
Allant dans le même sens, le travail de Maider Etxoan consiste aussi à accompagner les malades dans leurs démarches administratives de réinsertion. "Répondre à une annonce ANPE, cela peut être très oppressant pour eux s’ils le font seuls. Ils se considèrent incapables de faire quoi que ce soit, et donc ne se sentent jamais prêts à répondre aux critères d’embauche".
Après celles de Biarritz et Mauléon, c’est la troisième structure du genre créée en Pays Basque par l’association, filiale de l’Union nationale des amis et familles de malades psychiques (UNAFAM). Les GEM sont financés par la DDASS, à hauteur de 75 000 euros chacun. Pour Claude Brouquère, le président de la section départementale de l’UNAFAM, ces groupes d’entraide sont indispensables. "Etre bipolaire, schizophrène, cela peut arriver à vous et moi" avance-t-il. "Il faut savoir que quel que soit l’environnement ou le milieu social, 1 % de la population est maniaco-dépressive, et 1 % encore est schizophrène. Il y a une part de génétique, même si des facteurs comme la prise de cannabis peuvent déclencher la maladie".
"Plus jamais ça"
Martine Camblong, vice-présidente d’Espoir 64, témoigne de ce risque. "Nous sommes trois bénévoles à nous occuper des trois GEM du Pays Basque, et nous avons tous quelqu’un de notre entourage qui a été victime de troubles psychiques". L’urgence s’est révélée en 2005, lorsque deux infirmières de l’hôpital psychiatrique de Pau avaient été tuées par un patient atteint de troubles psychiques. "On s’est dit : plus jamais ça. Il fallait faire quelque chose". La réponse, face à un traitement thérapeutique qui manifestement ne suffit pas, c’est l’accompagnement social.
Au-delà du suivi médical, ce lien social semble de toute façon la clé pour lutter contre les troubles psychiques : en France, on estime à 10 000 le nombre de malades qui s’ignorent et restent enfermés chez eux.
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