Marc Le Fur, Jean Grenet, Camille de Rocca-Serra, Sauveur Gandolfi-Scheit, Pierre Méhaignerie, Loïc Bouvard, Christian Ménard, Yannick Favennec, Jean-Pierre Decool, Daniel Poulou, Alain Marc, Antoine Herth, Emile Blessig, Jean-Louis Christ, André Schneider, Alain Ferry, Céleste Lett, Michel Grall, Jacques Le Nay, Jean-Philippe Maurer, Francis Saint-Leger, Daniel Spagnou, Robert Lecou, Pierre-Morel A l’Huissier, Arlette Franco, Jacqueline Irles, François Calvet, et Daniel Mach / Députés UMP
Langues régionales : un débat pour sortir de l´obscurantisme
Les langues régionales ne sont plus un sujet tabou au Parlement. Le 7 mai
prochain, l’Assemblée Nationale débattra en effet ouvertement de la place de nos
langues régionales dans notre pays. Nous nous réjouissons que François Fillon
respecte ainsi l’engagement qu’il avait pris. Fini les embuscades et les coups
de main législatifs pour que ce sujet soit abordé pendant quelques petites
minutes volées dans l’hémicycle. Fini le tabou. Pour la première fois, le 7 mai,
la représentation nationale débattra en séance publique de la place des langues
régionales dans notre pays. C’est une très grande satisfaction qui nécessite un
grand coup de chapeau à tous ceux qui se mobilisent sur ce sujet. Ce débat
dépasse souvent la situation des seuls locuteurs, il parle au cœur des
Français.
Mais pour que ce débat passionnant ne soit pas l’occasion de
tirades passionnelles dénonçant une prétendue atteinte à l’unité nationale, nous
devons nous traiter en égaux et en finir avec l’ignorance des histoires locales,
la suffisance d’un certain parisianisme, la condescendance, l’ostracisme de ceux
qui tolèrent un folklore, mais réprouvent l’expression d’une identité.
La
France, défenseur des identités et cultures minoritaires ou menacées dans le
monde, choisira-t-elle “l’année internationale des langues” pour faire enfin une
place à ses langues régionales ?
Il est temps de sortir des clichés
faciles et méprisants que certains répètent à l’envi dès que ceux qui sont
attachés à leur identité culturelle s’expriment. Que l’on cesse à chaque fois
que nous souhaitons faire reconnaître nos patrimoines linguistiques locaux de
nous agiter le mistigri de la fin de l’unité française ! Aimer parler alsacien,
basque, breton, corse, flamand, gallo, occitan ou provençal et vouloir
transmettre ces langues, ce n’est pas trahir la France mais c’est l’aimer et
l’enrichir ! Non, les langues régionales n’ont rien à voir avec le patois, elles
sont le fruit d’une histoire et d’une culture qui, souvent, fondent l’histoire
de notre pays. Comment construire l’avenir de notre pays en reniant ses
fondements ? L’unité n’est pas l’unicité. Connaissez-vous une famille dont les
membres sont absolument identiques ? Et même si cette famille existait,
trouveriez-vous cela très sain ? Nous ne sommes pas des clones. L’égalité n’est
pas l’uniformité, nous estimons au contraire que les différences contribuent à
l’affirmation d’une richesse culturelle commune.
Il y a 40 ans, le
Général de Gaulle n’avait-il pas déclaré lui-même à Lyon et à Quimper que la
construction de l’unité française était achevée et qu’il convenait de laisser
s’exprimer les énergies locales ?
Les derniers militants de
l’ultra-jacobinisme se trompent d’ailleurs de combat. Cet ultra-jacobinisme va
contre l’intérêt de la Nation. Il est responsable de la radicalisation de
certains de nos compatriotes. L’extrémisme des uns appelle et provoque
l’extrémisme des autres. L’agressivité des uns provoque le repli sur soi, le
communautarisme et la violence qui prospèrent sur le terreau des
incompréhensions. Pour nous, ce débat du 7 mai ne peut pas être une
parenthèse. Il s’inscrit dans le cadre des propos du Président de la République
au cours de la campagne des élections présidentielles qui proposait “de
réfléchir ensemble aux propositions très concrètes que l’on pourrait retenir
pour sécuriser une fois pour toute la situation des langues régionales de
France.”
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