Marta LUXAN / Sociologue et professeur à UPV/EHU spécialisée en démographie
Une population vieillissante
La population du Pays Basque a progressé constamment jusqu’à atteindre les 3millions d’habitants. Or, le taux de fécondité est le plus faible de l’UE. Comment expliquer ce paradoxe?
La croissance de la population du Pays Basque ces 25 dernières années a été très faible (environ 100000 habitants). De plus, la croissance démographique repose aussi sur le solde migratoire (émigrés et immigrés) et sur le ratio entre naissances et décès. La croissance de la population du Pays Basque est donc principalement due à l’immigration.
Un taux de fécondité faible suppose un vieillissement de la population. Quels seraient les risques de ce vieillissement pour l’économie basque?
En général, les thèmes du vieillissement et de la faible fécondité sont toujours évoqués sous un angle alarmiste. D’une certaine façon, le temps est la composante première de nos vies, et vivre plus longtemps est une bonne nouvelle. De plus, les problèmes évoqués en parlant du vieillissement de la population (financement des retraites, des frais de santéŠ) ont plus rapport à la structure de la population active ou des personnels de soin à la personne, plutôt qu’à la structure des âges.
L’immigration peut-elle être la solution devant le faible taux de fécondité?
La faiblesse du taux de fécondité est-elle un problème? La fécondité est la résultante des décisions prises par des individus dans une société donnée. C’est la conséquence d’un modèle de vie et de société. Cela dit, il est vrai que les immigrés jouent un rôle économique et social. Toutefois, plutôt que de voir les populations immigrées comme une population de remplacement, il serait préférable de les voir comme une population complémentaire, amenant une richesse nouvelle à nos sociétés.
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