Un voyage à Naw York qui n´a pas été vain
·Les membres d’Autonomia Eraiki ont demandé l’établissement d’un expert autochtone pour l’Europe de l’Ouest
La délégation citoyenne envoyée par le groupe Autonomia Eraiki, a dressé hier le bilan de son voyage effectué à New York au début du mois de mai.A l’occasion de la tenue des travaux de l’instance permanente sur les questions autochtones, la délégation a en effet eu l’occasion de s’exprimer et de suivre les débats. Cette instance est rattachée au Conseil économique et social de l’Organisation des Nations Unies (ONU), et a pour mission de veiller à l’application de la déclaration de l’ONU sur les droits des peuples autochtones, signée en septembre 2007 par plus de 200 pays, dont la France.Au total, les membres de la délégation citoyenne ont pris la parole à huit reprises. Ils ont profité de ces prises de parole pour exposer la réalité du peuple basque au Pays Basque nord, et pour "demander à l’Etat français d’appliquer les dispositions de la déclaration des peuples autochtones", comme le souligne Manu Torre, membre d’Autonomia Eraiki.
Demande d’un expert permanent
La délégation citoyenne a surtout profité de l’occasion pour exiger que le Conseil désigne un expert permanent des peuples autochtones en Europe de l’Ouest, tout en se portant candidat pour que cet expert soit issu du Pays Basque.Mais, si la désignation d’un expert permanent revient à l’instance permanente des peuples autochtones, elle doit être précédée d’une proposition pour désigner un expert par un Etat membre : "nous sommes en train de travailler sur cette question pour qu’un Etat fasse cette demande à l’instance" glisse Gabi Mouesca, membre de la délégation citoyenne.Selon toute vraisemblance, l’Etat irlandais pourrait bien être le candidat idéal pour établir une telle demande à l’instance permanente des peuples autochtones.Ces revendications ne sont pas tombées dans l’oreille d’un sourd côté français, puisque le représentant de l’Etat français a répondu aux demandes de la délégation citoyenne. Selon le diplomate, la France a fait des efforts pour l’application de la déclaration à ses peuples autochtones, notamment les Kanaks et les Polynésiens.
Définition du peuple autochtone
En ce qui concerne le peuple basque, la divergence de points de vue a été abyssale, puisque l’Etat français ne considère pas qu’il y a en métropole des peuples autochtones sur son territoire. Ces divergences renvoient à la définition de la notion de "peuple autochtone". "Elle est faite par un comité d’experts de l’ONU qui se basent sur des critères objectifs, mais aussi sur le sentiment d’appartenance du peuple" nous assure Mouesca.Alors, le peuple basque, peuple autochtone de l’Etat français et espagnol ? La question est de taille, puisque si l’instance permanente reconnaissait ce caractère, les engagements pris par l’Etat français dans la déclaration de 2007 devraient s’appliquer. Parmi les droits reconnus, figurent le droit à l’autodétermination, ou encore le droit à s’administrer soi-même ou de protéger son patrimoine culturel.
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