Ecoutez le Pays Basque.com avec Radio Kultura
·La webradio radiokultura.com installée à Bonloc depuis 2005 a présenté cette semaine les nouveaux contenus créatifs de son site internet, ainsi que le projet Artekatik’han. Malgré cette créativité, l’avenir de la radio reste incertain
Vous ne connaissez pas encore Radio Kultura ? vous ne la trouverez pas sur la bande fm, puisque la diffusion se fait exclusivement via internet, une radio sur la toile, avec programmation à la carte et fil musical.
Créée en novembre 2005 à l’initiative de Mikel Etxebarria, ancien journaliste de Gure Irratia, et d’un groupe de passionnés, Radio Kultura est née d’une idée fédératrice, celle de proposer une vision culturelle authentique et non folklorique du Pays Basque, à une grande partie de la population qui ne parle pas l’euskara, tout en restant dans un contexte bilingue. "Il fallait créer un pont entre le monde bascophone et francophone, et faire la promotion de la langue basque" explique Mikel ; la courroie de transmission étant la radio, avec différentes offres.
Le concept était de proposer une offre à la carte, faite de reportages, orientée vers le documentaire de création, (façon Strip-Tease, les reportages décalés sur fr3) et d’un fil musical diversifié. Un partenariat a également été mis en place dès le début avec le réseau des radios Euskal Irratiak, ainsi qu’une radio de Bilbao, Bilbo Hiria Irratia.
Le modèle arteradio.com
Il y a environ 6 ans, avec le déploiement d’internet et du haut débit, on assiste à une révolution dans le monde de la radio et une redéfinition du média et de la pratique même de l’écoute. Les webradios se développent, la création se libère, et le fer de lance de cette avant-garde se nomme arteradio.com ; c’est la radio de la chaîne franco-allemande Arte.
On y trouve une offre d’une grande qualité, le site ouvrant ses ondes virtuelles aux créateurs, réalisateurs, bidouilleurs sonores de tous poils ; la nouveauté étant le téléchargement (ou podcast) des programmes : un seul clic et votre reportage est dans l’I pod, en écoute nomade, à tout moment de la journée.
Ce concept innovateur séduit immédiatement les meneurs du projet Radio Kultura, qui y voient là un modèle, et bénéficient des encouragements de Sylvain Gire, le directeur d’Arte Radio.
En 2007, Radio Kultura a réalisé une production totale de 600 reportages, et la moyenne des connexions mensuelles s’élevait à 4 250 par mois, ce qui prouve une véritable fidélité des auditeurs et les connexions sont en évolution constante.
Avenir incertain
Radio Kultura n’aurait pu voir le jour sans le soutien du programme d’aide Leader+ à hauteur de 30000 euros, du gouvernement basque, et de l’OPLB, sachant que les frais d’investissements pour créer une webradio de qualité se chiffrent à un budget de 60000 euros.
La structure fonctionne depuis le départ avec 3 salariés, deux pleins temps et un mi-temps. La polyvalence est de mise : chacun produit de a à z ses sujets, de la prise de son à la réalisation en passant par le montage ; et grâce aux 80 bénévoles qui soutiennent le projet, la radio s’enrichit d’une production variée.
"Mais la pérennité de Radio Kultura est remise en question", déclare Mikel "nous avons créé nos postes grâce aux emplois aidés, et ils arrivent à leur terme fin 2008 ; et si nous n’avons pas davantage d’aides publiques, nous ne savons pas si nous tiendrons le coup. L’OPLB nous aide, mais dans la mesure où nous n’avons pas de fréquence sur la fm, nous n’avons pas droit au fond de soutien (le FSER) qui permet de faire fonctionner les radios associatives en France. Et nous n’avons de recettes publicitaires non plus."
La situation est délicate... mais pas désespérée, puisque le site propose son nouvel Audioblog, hebergé sur la plate-forme d’Arte Radio, et mis en ligne depuis le 13 mai.
On y trouvera les reportages, les créations sur une interface agréable, avec un lien vers Arte Radio, et d’autres sites de créations sonores.
Le projet Artekatik’han
Par ailleurs, Radio Kultura, qui partage ses locaux avec l’association Lagunarte, a le projet de s’installer avec plusieurs associations, dans un ancien trinquet de Bonloc ; Mikel est très enthousiaste : "l’idée serait de créer une sorte de friche artistique, comme il en existe dans d’autres régions (Nantes ou Marseille..) et cela serait une première en Pays Basque.
"Nous voulons créer une plate-forme audiovisuelle, avec les associations Lagunarte et Aldudarak Bideo ; créer une dynamique, un "bouillon de culture" accessible à tous et notamment aux personnes qui vivent à l’intérieur du Pays Basque.
"Même s’il est difficile de capter l’attention du grand public, je pense que l’on doit éduquer, éveiller le sens artistique dès le plus jeune âge", affirme Mikel, "c’est indispensable pour donner envie d’autre chose que de consommer passivement."
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