La réponse de la Cours d’Appel de Paris a rendu son verdict hier : la liberté conditionnelle de Daniel Dergi est confirmée. Douze ans après son incarcération, le porte-parole du Collectif des prisonniers basques est bien libéré. Sa compagne, Xantal Aranbel, raconte les rebondissements de sa libération.
Quel a été le parcours qui vous a mené a la confirmation de la libération conditionnelle de Daniel Dergi ?
C’était la première demande de libération conditionnelle que nous présentions. Nous ne pensions pas qu’elle allait aboutir à sa libération, donc la surprise a été grande. Et puis, les choses se sont précipitées. On sentait que l’administration pénitentiaire recevait des pressions du procureur. Une fois, on nous disait qu’il sortait, l’autre, que non. C’était des moments épouvantables. C’était pas possible que l’Administration fasse autant d’erreursŠ Il y avait de fortes pressions contre sa libération.Comment a-t-il vécu cette période ?
Nerveusement, c’était difficile. En plus, le dernier mois de sa détention, l’administration pénitentiaire était très tendue. On lui a fouillé plusieurs fois son ordinateur, ils lui ont fait perdre des données, il a eu des accrochages avec le personnelŠ on voulait le faire craquer.
Quelle est sa situation actuelle ?
Aujourd’hui, il suit une formation d’ébénisterie et de marqueterie en Haute-Marne. Et il est interdit dans 22 départements, il ne peut donc pas se rendre au Pays Basque.
Quelle est sa relation avec son pays d’origine et ses proches ?
Le seul lien c’est les visites qu’il reçoit. Ces conditions sont terribles pour refaire une nouvelle vie. Il est plus facile de se reconstruire lorsqu’on est dans son milieu social, dans sa famille, d’autant plus qu’il ne connaît la région où il réside. C’est sûr, c’est une double condamnation pour lui.Daniel Dergi est connu par sa fonction de
porte-parole du Colletif des prisonniers, mais les luttes qu’il a menées pendant
son incarcération ont particulièrement marqué les esprits.
Comme n’importe quel membre de ce collectif, il a participé à plusieurs mobilisations, que ce soit le refus du plateau-repas, de regagner sa celluleŠ et à chaque fois il s’est retrouvé au mitard. Pour eux c’est une façon de s’exprimer avec les moyens qu’ils ont en prison.
Il a notamment fait une longue grève de la
faim...
Il l’avait arrêtée au 64ème jour. C’était à l’époque du processus Lizarra-Garazi. C’était une manière de participer à ce processus politique qui se déroulait au Pays Basque, en demandant la reconnaissance du statut de prisonnier politique et le rapprochement de ces mêmes prisonniers politiques. A ce moment-là il avait reçu toutes sortes de pression, et il avait refusé de se soigner. Les ministres de l’époque n’avaient rien fait pour lui. Il aurait pu mourir qu’ils ne se seraient pas mobilisés.