La préfecture des Pyrénées-Atlantiques a communiqué le mardi 24 juin la présence de "frelons asiatiques". Il s’agit d’un insecte invasif dont la présence en territoire français a été signalée pour la première fois dans le Lot-et-Garonne en novembre 2005. Depuis l’espèce s’est répandue dans le Sud-Ouest du territoire et attaque les ruches en se nourrissant du thorax des abeilles.
Les apiculteurs en Dordogne ont observé la relation entre l’abeille et le frelon asiatique. Ils ont remarqué que la désintégration des ruches se fait en plusieurs étapes : dans un premier temps le frelon, qui vient piller les larves et voler le miel, met un coup d’arrêt à la ponte des abeilles, entraînant une diminution des populations et un vieillissement de la colonie. Puis les réserves hivernales s’affaiblissent, conduisant à une mortalité prématurée. Ainsi une production apicole est perturbée avec "de 3 à 5 frelons devant une ruche". On constate l’arrêt de toute activité "au-delà de cinq frelons". L’efficacité des défenses naturelles de l’abeille est anéantie. "Il faut 15 à 20 abeilles sur le frelon et un combat de trois à cinq minutes pour en venir à bout".
D’après Peio Menta, apiculteur à Bayonne, le Pays Basque n’est pas encore touché mais vu que l’espèce se développe à "une vitesse vertigineuse", il faut être vigilant. "Les pertes sont difficiles à évaluer. Depuis cinq ou six ans nous avons des pertes dues au réchauffement climatique, aux insecticides...Les frelons font partie du lot. C’est un facteur de plus dans tous les problèmes."
En Dordogne, une filière apicole a mis en place une campagne de piégeage des femelles reproductrices. "Ils peuvent limiter les dégâts mais pas régler le problème." En effet, les nids des frelons asiatiques ont beau avoir 80 cm de diamètre, ils se trouvent dans les grands arbres, à 10-15 m de hauteur. Ils sont cachés par la végétation.